La Belgique se renferme dans sa « bulle »

Bruxelles, le mardi 28 juillet 2020 – La Belgique compte le plus grand nombre de décès de Covid-19 par million d’habitants (avec 847 décès par million contre 451 en France). L’épidémie a donc laissé des traces profondes. Cependant, à l’instar de tous les pays d’Europe, la Belgique connait depuis le début du mois de mai un net recul du nombre de cas et de décès, qui ne dépasse guère 20 par semaine depuis début juillet.

Des indicateurs de nouveau en progression

Cependant, l’augmentation du nombre de cas inquiète profondément nos voisins : 311 cas ont été dépistés en moyenne chaque jour entre le 18 et le 24 juillet, soit une hausse de 69 % par rapport à la semaine précédente. La Flandre qui enregistre 73 % des nouvelles contaminations  est principalement touchée. Si la majorité des dépistages positifs concernent des sujets jeunes et asymptomatiques, la Belgique scrute néanmoins également le nombre d'admissions à l’hôpital. Or ces derniers jours, le nombre d’admis et de sorties est sensiblement identique, tandis que les admissions en soins intensifs ont progressé de 53 %. Après une constante diminution ces deux derniers mois, cet indicateur est ainsi de nouveau en progression.

Limiter les contacts

Face à cette situation, les autorités ont décidé d’adopter des mesures dont l’objectif est d’éviter le plus possible un nouveau confinement, bien que certaines dispositions s’en approchent. Il était en effet jusqu’alors recommandé aux Belges de limiter par foyer le nombre de contacts hebdomadaires à 15 personnes, qui pouvaient être différentes de semaine en semaine. Or, désormais ce que les Belges appellent la « bulle » est restreinte à cinq personnes par foyer, qui ne doivent pas changer au cours des semaines. Cependant, les enfants de moins de douze ans ne sont pas comptabilisés, tandis que le cercle peut être élargi à 10 personnes en cas de sortie en plein air. Pour permettre de respecter ces recommandations, le télétravail est recommandé dès qu’il est possible. Par ailleurs, le nombre de personnes regroupées en un même lieu fermé ne peut dépasser 100, tandis que les évènements extérieurs doivent être limités à 200 (contre 400). Les bars et restaurants doivent par ailleurs relever l’identité de tous leurs clients afin de faciliter le traçage des cas, tandis que l’accès au commerce est limité à une personne par famille (hors enfant mineur).

Le cas d’Anvers

Parallèlement, le gouvernement invite les municipalités à prendre toutes les mesures qu’elles jugeront nécessaires. Sans doute, s’agit-il d’un nouvel encouragement à la mairie d’Anvers, dont le "laxisme" est déploré. Comptant une incidence de 67,9 cas pour 100 000 habitants (contre une moyenne nationale de 26,4), Anvers voit notamment l’épidémie reprendre de la vigueur dans les quartiers habités par les communautés juive orthodoxe et musulmane, dont les membres auraient été moins nombreux à suivre la préconisation de ne pas quitter le pays. Il est probable que la ville ait été réticente à imposer des mesures ciblées qui auraient pu être considérées comme discriminatoires. Aussi, après plusieurs jours d’inaction, la mairie a finalement opté pour une mesure globale, la fermeture tardive des restaurants et bars au cours du week-end.

Critiques et préoccupations

Comme partout ailleurs, les particularités locales se heurtent ainsi aux injonctions globales, tandis que la hiérarchie des pouvoirs peut parfois être un frein à l’adoption de mesures ciselées. Par ailleurs, plutôt que d’incriminer les autorités municipales, certains observateurs préfèrent s’interroger sur l’efficacité du système de traçage. Des interrogations commencent également à s’élever concernant l’absence de quarantaine ou au moins de test systématique pour les touristes ou les belges de retour de l’étranger. 

En tout état de cause, la Belgique se montre très inquiète. Si elle refuse pour l’heure de parler de deuxième vague (qui n’est de fait pas confirmée par les indicateurs), le premier ministre Belge admet : « Nous sommes très préoccupés ».

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

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    Le 02 août 2020

    En Belgique, nous avons une Première Ministre - elle s'appelle Sophie Wilmès.
    Il aurait été pertinent de s'en inquiéter avant de nous attribuer un traditionnel "Premier Ministre". La Belgique n'est pas la France .
    Chaque pays a ses spécificités. Il est opportun de les respecter.

    Fr.Mijcke

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