La migraine, probable ou avérée, semble plus sévère chez les femmes

Les migraines probables sont plus prévalentes, plus sévères et plus invalidantes chez les femmes que chez leurs homologues masculins. « Dans la pratique clinique, cela signifie que lorsqu’on suspecte un problème de migraine chez une patiente, il conviendra d’adopter une approche plus intensive que chez les hommes pour son évaluation et son traitement », affirment des chercheurs coréens.

L'équipe sud-coréenne qui est parvenue à cette conclusion a examiné les différences selon le sexe en termes de prévalence, d'intensité, d'impact et de comorbidités non seulement pour les migraines probables, mais aussi pour les migraines effectivement diagnostiquées comme telles. Leurs données proviennent de la Korean Headache-Sleep Study, qui s'est basée pour les récolter sur plusieurs questionnaires complétés lors d'entretiens en face-à-face et comprenait également des informations sur les spécificités démographiques et socio-économiques des participants, sur leurs comorbidités, sur leurs habitudes de sommeil et sur le schéma de survenue des maux de tête.

Plus de crises, davantage de nausées et des douleurs plus intenses

Pour diagnostiquer les migraines, les chercheurs ont utilisé les critères de l'International Classification of Headache Disorders (ICHD-2) ; il était question de « migraine probable » lorsque le patient remplissait une partie des critères de l'ICHD-2, mais pas tous. L'équipe sud-coréenne a également utilisé d'autres scores pour évaluer le degré de dépression, l'intensité des maux de tête et la qualité de vie. Au total, 2 695 patients ont complété l'intégralité des questionnaires et un diagnostic de migraine a pu être posé chez 107 femmes et 36 hommes, tandis que 243 femmes et 136 hommes étaient qualifiés de « probablement » migraineux. Les deux diagnostics – migraine avérée et migraine probable – étaient sensiblement plus fréquents chez les femmes que chez les hommes (9 % versus 2,7 %, p < 0,001 et 18 % versus 10,1 %, p < 0,001, respectivement).

En comparaison avec leurs homologues masculins, les patientes vraisemblablement atteintes de migraines présentaient un nombre plus important de crises par mois (écart interquartile médian : 1,0 [0,3-3,0] versus 0,8 [0,3-2,0], p = 0,037), un score médian plus élevé pour l'intensité de la douleur mesurée sur une échelle visuelle analogique (5,0 [4,0-7,0] versus 5,0 [3,0-6,0], p = 0,019) et un score médian plus élevé au test mesurant l'impact des céphalées (47,0 [42,0-54,0] versus 44,0 [42,0-51,8], p = 0,13). Les nausées étaient également plus courantes chez les femmes que chez les hommes (90,5 % versus 76,5 %, p < 0,001).

La prévalence des migraines probables chez les femmes était maximale (22,3 %) entre 40 et 49 ans et minimale (12,8 %) entre 50 et 59 ans. Chez les hommes, la prévalence la plus élevée – 12,6 % – était observée entre 30 et 39 ans et la prévalence la plus faible – 6,1 % – entre 60 et 69 ans.

David Desmet

Référence
Song TJ et coll. : Sex differences in prevalence, symptoms, impact, and psychiatric comorbidities in migraine and probable migraine: a population-based study. Headache, 2019 ; 59 : 215-223.doi: 10.1111/head.13470

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