La rhinite idiopathique a peut-être trouvé son étiologie...

Avant d'affirmer qu'une rhinite est idiopathique, il faut d’abord s’assurer de la réalité de la pathologie… Certains patients se plaignent en effet de rhinite mais n'ont pas de symptômes objectifs. Pour dépister ces patients et éviter un traitement sans objet, il est utile de procéder au recueil, sur 2 semaines, des signes cliniques et des valeurs du débit inspiratoire de pointe (2 fois par jour et en cas d'obstruction nasale).

S'il existe une inflammation locale, il y a toujours une cause à la rhinite et il faut la rechercher obstinément. Une allergie locale isolée est possible, avec production d'IgE locales (entopie). Les tests habituels sont négatifs (prick-tests cutanés, IgE spécifiques). Un frottis nasal à la recherche d'éosinophiles, voire un test de provocation nasal peut faire le diagnostic.

Des mécanismes neurologiques sont à l'origine des rhinites idiopathiques avec intervention des systèmes sympathiques et parasympathiques. Les fibres C sont stimulées par des facteurs extérieurs tels que la fumée de cigarette, le changement de température ou d'hygrométrie. Ce mécanisme peut être reproduit par la capsaïcine qui va provoquer rhinorhée et congestion nasale. Ce test ne permet cependant pas de différencier une rhinite allergique d'une rhinite non allergique. Seul un test de provocation à l'air froid et sec peut faire la différence mais reste actuellement du domaine de la recherche.

Il est important de différencier rhinite idiopathique et rhinite inflammatoire, car leur traitement est différent. La rhinite idiopathique ne répond pas au corticoïde local, ou du moins faiblement. Par contre, l'azélastine est efficace, non par son effet anti-histaminique, mais probablement par une action sur la substance P.

Chez les sujets âgés, il existe un déséquilibre entre les systèmes sympathiques et parasympathiques qui peut être traité très efficacement par le chlorure d'ipatropium.
Dans les autres, cas, un traitement à la capsaïcine est envisageable : il consiste en l'application de capsaïcine sur la muqueuse nasale toutes les heures et à 5 reprises avec une efficacité prolongée sur une année. Ce traitement est aussi utilisé sur la vessie où son action sur les fibres C a été démontrée.
Des analogues de la capsaïcine pourraient aussi être employés (résinifératoxine et autres vanilloïdes).
Dans la littérature, les rhinites qualifiées d'idiopathiques sont encore trop souvent un mélange de rhinites inflammatoires et de réelles rhinites idiopathiques. Il est important de faire un diagnostic précis pour proposer un traitement approprié.

Dr Geneviève Démonet

Référence
Fokkens W (Pays-Bas) : ”Idiopathic rhinitis : mechanisms and treatment” EEACI 2007 Göteborg

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