La toxoplasmose oculaire acquise existe

Si la toxoplasmose oculaire a été longtemps considérée comme quasiment exclusivement congénitale, résultant de la primo-infection maternelle au cours de la grossesse, différentes études ont, au cours de la dernière décennie, remis en cause cette notion, en montrant que l’infection acquise par Toxoplasma gondii, asymptomatique le plus souvent, ou marquée par une fièvre et des adénopathies, pouvait elle aussi être responsable d’atteinte oculaire, survenant au moment de l’infection ou des années après.

T. gondii est l’agent le plus fréquemment en cause dans les uvéites infectieuses postérieures  mais la part respective revenant aux infections congénitales et acquises est mal connue.

Un groupe français a analysé, rétrospectivement, les dossiers des cas de toxoplasmose oculaire, examinés entre novembre 1994 et juillet 2005, en s’appuyant sur les données recueillies dans le cadre du programme national de prévention de la toxoplasmose congénitale mis en œuvre en France depuis 1978, avec dépistage sérologique chez toutes les femmes, à l’occasion du mariage et de la grossesse.

L’étude a recensé, sérologies à l’appui, 425 cas de toxoplasmose oculaire, dont 100 (23,5 %) acquises, 62 (14,6 %) congénitales et 263 d’origine inconnue (61,9 %).

L’âge moyen, au moment de l’étude, des patients ayant une toxoplasmose oculaire congénitale était de 9,1 ± 8,8 ans et celui des patients ayant une toxoplasmose oculaire acquise de 21,7 ± 12,6 ans.

Plus de la moitié des patients avaient des lésions actives de choriorétinite. Parmi eux, près de 25 % avaient une toxoplasmose acquise, près de 6 % une toxoplasmose congénitale et près de 69 % une forme d’origine  inconnue. Ces lésions actives étaient observées à un âge significativement  plus jeune dans les cas congénitaux que dans les cas acquis.

Les formes bilatérales étaient significativement plus fréquentes dans les cas congénitaux (43,5 %) que dans les cas acquis (4 %), et l’acuité visuelle moyenne était plus faible dans les formes congénitales que dans les formes acquises, 3 patients, tous atteints de toxoplasmose congénitale, ayant atteint le seuil de cécité légale aux 2 yeux.

En revanche, l’analyse ne laisse pas apparaître de différence significative, entre les cas congénitaux et acquis, en ce qui concerne les caractéristiques démographiques.

Il semble donc d’après cette étude que, parmi les cas où l’origine de l’infection toxoplasmique peut être précisée, les formes acquises sont plus fréquemment à l’origine de toxoplasmose oculaire que les formes congénitales, ces dernières provoquant toutefois des atteintes oculaires plus sévères.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Delair E et coll. Respective roles of acquired and congenital infections in presumed ocular toxoplasmosis. Am J Ophtalmol, Publication avancée en ligne, 26 août 2008

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