Le passe sanitaire est-il encore utile ?

Plusieurs pays ont instauré le passe sanitaire obligatoire pour l’accès à de nombreux espaces de la vie courante et pour les voyages internationaux. L’objectif visé pouvait être différent selon le contexte propre à chaque pays : améliorer le taux des dépistages en période de pénurie de vaccins (Danemark), augmenter la couverture vaccinale (Italie, France) et/ou répondre à une augmentation de l’incidence (France, Allemagne, Belgique).

Avant son instauration, certaines enquêtes avaient suggéré que cette mesure aggraverait la méfiance et le refus vaccinal. C’est pourquoi une équipe du Royaume-Uni a voulu vérifier son impact sur la couverture vaccinale. Les auteurs ont observé l’évolution des taux de vaccination dans 6 pays dans lesquels le passe sanitaire a été rendu obligatoire (Danemark, Israël, Italie, France, Allemagne, Suisse), et l’ont comparée à une prévision de la tendance en l’absence d’obligation.

La couverture vaccinale a été boostée par le passe sanitaire…surtout là où elle était médiocre

Quand l’objectif était d’améliorer la couverture vaccinale, il faut admettre que le passe sanitaire a joué son rôle, particulièrement dans les pays où elle était médiocre. En effet, une augmentation importante des taux de vaccination est constatée, avant même qu’il soit déclaré obligatoire, par effet d’anticipation. L’effet est d’autant plus important que la couverture vaccinale était faible. C’est le cas en France, où l’on peut considérer qu’en prévision de l’instauration du passe sanitaire, pendant une vingtaine de jour précédant l’obligation, 55 672 vaccins par million d’habitants ont été délivrés en plus en comparaison du contrôle, soit, en chiffre absolu, 3,7 millions de doses. A cela il faut ajouter les 4,8 millions de doses délivrées en plus dans les 40 jours suivant l’instauration de l’obligation du passe. L’effet est moins marqué dans les pays où la couverture vaccinale était meilleure, comme l’Italie, voire nul en Allemagne. Quant au Danemark, l’obligation a été instaurée à un moment où l’approvisionnement en vaccin était difficile, et son objectif était plutôt d’améliorer le dépistage.

A 20 ans, on se vaccine pour aller en boîte de nuit…

L’effet sur la vaccination est différent aussi selon les classes d’âge, maximal chez les moins de 20 ans puis les 20-29 ans, à la fois pour les 1ères et 2èmes doses. Par exemple, quand le passe sanitaire est déclaré obligatoire pour les boites de nuit et les réunions de plus de 100 personnes, une augmentation de la vaccination est constatée chez les moins de 20 ans. Puis, quand il est étendu (réunions de plus de 30 personnes, milieu hospitalier, loisirs), ce sont surtout les 20-49 ans qui se font vacciner.

Les auteurs soulignent que le passe sanitaire n’est qu’une mesure parmi d’autres pour contrer la défiance et le refus de la vaccination, mais qu’il n’a pas réussi à infléchir la décision dans tous les groupes. Ils estiment que des centres de vaccination dans des zones géographiques ciblées et le dialogue avec certains groupes où la défiance est particulièrement élevée devraient aussi être déployés.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Mills MC et coll. : The effect of mandatory COVID-19 certificates on vaccine uptake: synthetic-control modelling of six countries. Lancet Public Health 2021 – Publication avancée en ligne le 13 décembre doi.org/10.1016/S2468-2667(21)00273-5

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Vos réactions (4)

  • Et la transfusion des virus ?

    Le 18 décembre 2021

    S’il y a véritablement 110.000 faux Pass sanitaires connus-prouvés par les services de surveillance, la question suivante se pose : combien d’autres faux Pass sanitaires restent inconnus puisque les personnes ne sont pas testées ni avant vaccination, ni après vaccination?

    Et quels tests sont fiables ?

    En tous cas ces 110.000 personnes ont perdu confiance en la politique vaccinale du gouvernement. Or d’autres personnes refusent les vaccinations et même des vaccinés se posent à juste titre la question de l’efficacité et regrettent leur vaccination obtenue sans consentement.

    Pourquoi ? Chacun peut trouver ces données ce jour et les différences sur les données chiffrées de France tvinfo un site gouvernemental. En simplifié l’épidémie est presque identique en nombre de cas. Mais elle est bien moins létale soit 28 fois moins de morts en 2021 qu’en 2020.
    Comment ne pas mettre en comparaison l’année 2020 sans vaccinations avec 54440 cas par jour et 4146 morts soit une létalité de 7,6 % et l’année 2021 avec à peine un peu moins de cas : 50704 cas et 138 décès seulement soit une létalité de 0,27 % après de nombreuses vaccinations. Soit 28 fois moins de morts pour presque autant de cas, à 6,86% près.

    La perte de confiance en est ainsi aggravée. Sans même parler des incidents graves et des complications des centres de transfusion qui ne peuvent pas facilement distribuer du sang contaminé contenant des ARN très différents et tous étrangers les uns des autres.

    Cela rappelle le scandale du sang contaminé par le virus VIH qui je le rappelle est resté sans vaccinations mais a trouvé son traitement par une trithérapie adaptée à chaque cas l’affaire des prescripteurs.

    Pour les transfusions de globules rouges la question est réglée par les groupes sanguins ABO et Rhésus. Pour les leucocytes, la question est déjà bien plus complexe quand il faut apparier des groupes HLA qui ne sont jamais strictement identiques lors des transplantations.
    Si les ARN sont modifiés par les vaccinations et devenus tous différents la question reste complexe.

    Et d’autres faux Pass sanitaires sont à prendre en compte. Comment savoir si les vaccinés ont gardé des virus et si les vaccinés n’ont pas déjà été touchés par le virus avec une immunité bien plus durable.

    Dr Doremieux (interdit d'exercice pour refus de vaccination)

  • Et le dosage des anticorps ?

    Le 19 décembre 2021

    Il y a une partie de la population qui ne se pose pas de questions et une partie qui se pose de bonnes questions. Est il nécessaire de rendre la vaccination obligatoire de façon détournée contre une maladie somme toute peu létale? Les variants sont plus contagieux mais moins dangereux, delta était moins dangereux que beta, l'Afrique du sud donne ses chiffres pour omicron qui vont dans le même sens, une grande partie de la population est vaccinée en particulier les personnes à risque, quel est l'intérêt d'un pass vaccinal?

    Nous avons un vaccin qui semble de moins en moins efficace et qui a des effets secondaires immédiats suffisamment nombreux pour qu'il n'ait jamais pu être validé sans une procédure exceptionnelle...sans parler des effets secondaires retardés toujours pas documentés.
    Les pays moins vaccinés ne s'en sortent pas mal (voir la Palestine et l’Égypte à côté d’Israël).
    Notre pays ne respecte pas ses propres lois, il serait temps de laisser chacun décider de ses choix.

    Anne Levry (Pharmacien)

  • Instinct de ré-équilibrage démographique

    Le 20 décembre 2021

    Le pass sanitaire demeure désormais la seule mesure objective efficace avec laquelle on peut compter au niveau de grandes populations dans la lutte contre l'expansion du covid-19. Il est clair qu'après 280 millions de cas et 5,4 millions de victimes à croire que tous ces gens qui nient, qui refusent le vaccin ou qui posent problème pour en finir avec cette tuerie, digne du xivème siècle et non de notre siècle, répondent à un étrange instinct de ré-équilibrage démographique au niveau planétaire comme dans certaines espèces où l'on constate une immolation collective quand le nombre d'individus dépasse le niveau souhaitable.
    Soit, loin de nous l'envie de frustrer un tel instinct par ailleurs incontrôlable et absolument irrationnel mais que cela reste noir sur blanc bien noté pour que le moment venu ce groupe dissident ne soit plus bénéficiaire de l'attention sanitaire publique qui elle se voit surchargée à chaque nouvelle vague de nombreux de ces individus sans pouvoir assister ceux qui ont bel et bien tout donné pour en finir avec ce cauchemar et qui paradoxalement pourront ne pas être soignés à cause de la saturation des ressources et des hôpitaux.
    Une fois connue du public cette "méchante" mesure aura pour effet une minimisation ou même une disparition de ce fléau d' "étranges instincts" soyez en surs.
    Les moyens sont malheureusement limités et la patience aussi.

    Dr Gabriel Perrote

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