Les femmes « Roms » méritent des soins comme les autres

Paris, le vendredi 7 mars 2008 – Dans son rapport publié en octobre 2007 consacré à l’accès aux soins des plus démunis en France, l’organisation non gouvernementale Médecins du Monde (MDM) avait remarqué que parmi les patients ayant recours à ses Centres d’accueil de soins et d’orientation (CASO), l’origine roumaine était la plus représentée. Cette importante fréquentation de ces structures dédiées aux plus pauvres indique que ceux que l’on appelle les « Roms » sont sans doute aussi nombreux à préférer se passer de soins. Les observations réalisées par les équipes de MDM dans les « bidonvilles », qui, dans plusieurs endroits de France, accueillent, à la périphérie de grandes villes, des campements de Roms, le confirment. Aussi, à l’occasion de la journée internationale de la femme, ce 8 mars, l’organisation a-t-elle l’ambition de sensibiliser les pouvoirs publics aux très grandes difficultés d’accès aux soins rencontrées par les femmes roms.

Absence totale de suivi

« Seules 8 % des femmes roms sont suivies en PMI et la plupart des femmes enceintes (qui ne bénéficient le plus souvent d’aucun suivi pendant leur grossesse, ndrl) ne sont pas inscrites en maternité et sont amenées en urgence à l’hôpital le plus proche quand elles sont sur le point d’accoucher », indique en guise de sombre diagnostic, Maryse, sage femme de MDM, qui visite régulièrement ses jeunes patientes roms. La professionnelle assure également qu’en l’absence presque totale d’accès à la contraception, « les femmes ont recours à un nombre d’avortements impressionnant, jusqu’à 22 pour un femme de quarante ans », témoigne-t-elle encore.

Discrimination

Le généreux système français d’Aide médicale d’Etat (AME) offre pourtant à ces Roms un accès gratuit aux soins les plus performants. La responsable de MDM pointe cependant du doigt de nombreux obstacles administratifs : « Pour obtenir l’AME, il faut une preuve écrite de présence en France de trois mois ininterrompus, ce que les Roms ont rarement ». D’autres expliquent le faible recours aux soins de ces femmes par la crainte des expulsions. Déjà, en octobre, MDM avait affirmé que les craintes de plus en plus vives des patients en situation irrégulière d’être interpellés dans des établissements de santé freinaient l’accès aux soins. Enfin, il apparaît que les Roms, sont, même dans les structures sanitaires, l’objet d’une très forte discrimination. « Dans une PMI, l’équipe médicale nous a dit que les Roms n’étaient pas les bienvenues car elles sentaient mauvais et il fallait désinfecter après », raconte Maryse.

A.H.

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