Les lycéens plébiscitent les études de santé

Paris, le mardi 7 juin 2022 – Plus de 11 % des vœux inscrits sur Parcoursup concernent le diplôme d’Etat d’infirmier ou la PASS.

Régulièrement, les médias (dont le JIM) se font l’écho des nombreuses difficultés que connaissent les professionnels de santé : surcharge de travail, lourdeurs administratives, burn-out, rémunérations pas toujours à la hauteur…Des difficultés qui ont été encore aggravées par la crise sanitaire et qui donnent l’apparence de métiers peu attirants. Mais ce tableau peu réjouissant ne semble pas décourager les lycéens qui sont encore nombreux à vouloir s’orienter vers des études de santé.

22,3 % des vœux

Alors que les 936 000 candidats inscrits sur Parcoursup (dont 622 000 élèves de terminale) ont commencé à recevoir leurs premières réponses depuis jeudi dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur a révélé quelques données sur les plus de 11,6 millions de vœux formulés. On constate que les deux formations les plus prisées par les futurs étudiants sont le diplôme d’Etat (DE) d’infirmier (688 000 vœux) et le Parcours d’accès spécifique santé ou PASS (633 000 vœux).

Ce sont donc 11,6 % des vœux formulés qui concernent l’une de ces deux formations en santé. Si on ajoute les vœux formulés dans les différentes licences d’accès santé (LAS), l’autre voie d’accès aux études de médecine, ainsi que les autres diplômes sanitaires, ce sont au total 22,3 % des vœux qui visent le secteur médical.

Au total, 19 % des inscrits sur Parcoursup ont candidaté à au moins une LAS (dont 4 % en premier vœu), 11 % à un DE sanitaire (6 % en premier vœu) et 10 % à la PASS (4 % en premier vœu).  Parmi les candidats en PASS, on compte deux fois plus de jeunes femmes que de jeunes hommes. Deux ans après la mise en place de la réforme de la première année de médecine, les souhaits de ceux qui aspirent à la carrière médicale se sont diversifiés.

En effet, 42 % seulement de ceux qui aspirent à suivre une LAS ont également candidaté en PASS (- 3,4 points par rapport à 2021). A l’inverse, 83 % de ceux qui souhaitent intégrer la PASS ont également sélectionné une LAS (+ 2,9 points par rapport à 2021). Petit à petit, les lycéens semblent donc intégrer que la PASS n’est plus la seule voie pour accéder aux études médicales.

Des formations trop demandées ?

Ce nombre important de vœux vers les études de santé risquent de faire beaucoup de déçus, certaines formations croulant sous les demandes. Ainsi, 8 787 lycéens ont postulé pour la formation d’infirmier de Toulouse, pour seulement…20 places ouvertes. A l’université de Bourgogne, on compte 820 candidats par place offerte en PASS.

Le nombre de demandes pour intégrer la PASS ou un diplôme d’Etat d’infirmier en 2022 est lstable par rapport à 2021. A l’époque, on comptait 690 000 candidatures pour les études d’infirmier et 664 000 pour les études de médecine, soit déjà 11,7 % des choix. Une stabilité qui prouve que, malgré les difficultés grandissantes que rencontrent les professionnels de santé ces dernières années, les jeunes sont toujours attirés par des professions jugées utiles et valorisantes mais également épargnées par le chômage et qui portent la promesse de rémunérations substantielles.

Espérons pour ces futurs médecins et infirmiers pleins d’espoir qu’ils ne déchanteront pas une fois entrés dans la carrière.

Nicolas Barbet

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Vos réactions (1)

  • Et c'est reparti...

    Le 13 juin 2022

    Comme en 1968 et les quelques années qui ont suivi, avant l'instauration salutaire du numerus clausus. Numerus clausus d'ailleurs bien trop large jusqu'aux années 80 (il était basé sur le nombre possible de postes d'étudiants hospitaliers, et pas sur les besoins en médecins), ce qui a conduit à une pléthore de médecins, qui se marchaient sur les pieds, développaient des médecines dites alternatives pour tenter d'avoir un peu de patientèle...
    Cette inondation avait pour but de mettre les médecins au pas grâce à une forte concurrence, mais n'a fait qu'accroître la demande de soins.
    Les politiques ont alors fait marche arrière, mais de façon inconsidérée, en restreignant drastiquement le numerus clausus, pour aboutir à la situation actuelle.
    Et on supprime le numerus clausus, et c'est reparti comme en 68 !
    Il ne serait pourtant pas bien difficile d'adapter simplement le nombre de places au concours d'entrée en fonction des besoins.

    Dr Jean-Paul Huisman

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