L’ordre des médecins s’oppose à la publicité pour la télémédecine

Le Conseil national de l’ordre des médecins a décidé de mettre en demeure la société Qare pour qu’elle cesse la diffusion d’encarts publicitaires pour ses services de télémédecine. Des publicités que le Conseil juge fallacieuses.

« Satisfaits et remboursés ». C’est le titre de la publicité présentée par la société Qare dans le Journal du dimanche pour promouvoir son service de télémédecine. L’encart a été publié le 15 septembre, date à laquelle l’Assurance maladie a commencé à prendre en charge la télémédecine. Une publicité qui n’est pas du goût du Conseil national de l’ordre des médecins qui a annoncé, dans un communiqué publié lundi dernier, avoir pris la décision, lors de sa session plénière du 27 septembre, de mettre en demeure la société Qare de cesser la publication de ses encarts promotionnels.

Bien qu’il se félicite de l’essor de la télémédecine et de la téléconsultation, l’Ordre indique vouloir éviter que ces nouvelles pratiques entrainent une « ubérisation » de la médecine. Il insiste : « le développement d’offres de télémédecine ne saurait signifier un affranchissement des règles d’exercices de la profession ». Aussi, la télémédecine doit donc respecter le principe d’interdiction de la publicité en matière médicale.

Le Conseil estime également que ces publicités sont fallacieuses, quand elles laissent croire aux usagers de Qare que leurs dépenses de télémédecine seront remboursées par l’Assurance maladie. Or, l’accord conclu entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecin sur la prise en charge de la télémédecine n’inclut justement pas les services de télémédecine créés par des assurances et des sociétés privées, dont Qare, au grand dam de ces derniers qui investissent de plus en plus dans ces plateformes de télémédecine.

Le docteur Alexandre Maisonneuve, directeur médical de Qare admet une publicité maladroite mais estime qu’il ne s’agissait pas d’une « publicité commerciale concernant directement les médecins ». Il dénonce également le terme d’ubérisation, puisqu’ « on ne remplace pas des médecins par des non-médecins ».

La décision du Conseil national de l’ordre des médecins a en tout cas le mérite de relancer le débat sur la publicité en matière médicale, alors que le Conseil d’Etat a récemment exprimé l’idée, sous la pression de la Cour de Justice de l’Union Européenne, d’autoriser les médecins à « communiquer » avec le public.   

Quentin Haroche

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Vos réactions (1)

  • Ces consultations seront plus longues

    Le 17 octobre 2018

    L'Ordre a raison : la télé consultation à distance est une reponse pour pallier le manque de medecins dans les deserts médicaux. Ces consultations seront plus longues que les c. habituelles, si les patients, souvent agés, malentendants et ralentis,ont besoin d'une aide. Si en plus, les clients ingambes et jeunes, disposant de médecins à proximité, viennent saturer le nouveau reseau de médecins consultants, les deserts médicaux n'auront pas le service attendu.

    Michel Le Moux

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