Mortalité de la BPCO après réduction chirurgicale du volume pulmonaire

La BPCO se caractérise, d’une part, par des lésions d’emphysème qui détruisent la surface des zones d’échanges alvéolo-capillaires, d’autre part, par une obstruction des petites voies aériennes. Il en résulte une diminution irréversible des débits aériens qui signe la gravité de cette maladie respiratoire. Il existe même une corrélation négative entre la sévérité de l’atteinte des petites voies aérienne et le VEMS, ceci à tous les stades de la BPCO. Quel est l’impact de cette anomalie sur la survie des malades qui ont bénéficié d’une réduction chirurgicale du volume pulmonaire ? Quelle action peut avoir la corticothérapie dans ce contexte ? C’est à ces deux questions que répond une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 101 malades atteints d’une BPCO sévère ou très sévère, traitée par diminution du volume pulmonaire. La gravité de l’occlusion luminale et de l’épaississement pariétal, mais aussi la présence de petites voies aériennes contenant des follicules lymphoïdes ont été systématiquement estimées à partir des tissus pulmonaires réséqués. L’influence de la corticothérapie a été prise en compte par la comparaison des malades traités et non traités par les corticoïdes. Une analyse de survie par la méthode de Kaplan-Meier et le modèle des risques proportionnels de Cox a été appliquée aux données.

L’occlusion luminale la plus marquée (quartile supérieur) a été associée à des décès plus précoces, le risque relatif correspondant étant estimé à 3,28 (p=0,002 versus quartile inférieur). La corticothérapie a été associée, pour sa part, à une réduction du nombre de voies aériennes contenant des follicules lymphoïdes (p=0,051), avec une différence significative entre le groupe témoin et le groupe traité par une corticothérapie orale (p=0,019). Cependant, les corticoïdes n’ont eu aucun effet significatif sur l’épaisseur pariétale des voies aériennes ou l’occlusion de leur lumière.

L’occlusion des petites voies aériennes par des exsudats inflammatoires riches en mucus est associée à une mortalité précoce chez les malades atteints d’une BPCO compliquée d’un emphysème sévère et traitée par une réduction chirurgicale du volume pulmonaire. La corticothérapie orale permet de réduire le nombre de follicules lymphoïdes présents dans les petites voies aériennes, mais elle ne modifie  ni l’épaississement pariétal, ni l’occlusion luminale.

Dr Philippe Tellier

Référence
Hogg JC et coll. : Survival after lung volume reduction in chronic obstructive pulmonary disease. Insights from small airway pathology. Am J Respir Crit Care Med 2007; 176: 454-459.

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