Ostéogenèse imparfaite : Perben s'empare du problème

Paris, le mardi 1er février 2005 - Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, qui semble être l'un des membres du gouvernement goûtant le plus l'exposition médiatique, ne verra peut-être pas d'un très bon oeil que le garde des Sceaux, Dominique Perben, lui vole quelque peu la vedette en s'emparant d'un sujet qu'il aurait pu faire sien. Pourtant, si le ministre de la Justice s'enquiert aujourd'hui de questions médicales, il se garde bien d'user exactement des mêmes méthodes que son confrère de l'avenue de Ségur. La réunion sur l'ostéogenèse imparfaite qui se tient ce matin à la Chancellerie se fera en effet à l'abri des caméras et sans la présence des journalistes à l'exception d'un petit « tour image » avant le début des discussions.

Si la prise en charge des enfants atteints d'ostéogenèse imparfaite intéresse tout autant la médecine que la justice, c'est que des erreurs de diagnostic entraînent souvent des suspicions de maltraitance pouvant aller jusqu'au retrait de la garde de l'enfant. Les parents de la jeune Camélia aujourd'hui âgée de dix ans ont vécu ce drame de l'humiliation et n'ont pu obtenir réparation qu'au bout de dix ans de procédures judiciaires. Tandis que les juges de la cour administrative d'appel de Lyon assuraient ce 18 janvier que « l'erreur persistante de diagnostic » des médecins de l'hôpital Debrousse, où l'enfant avait d'abord été examinée, « a supprimé pendant onze mois les chances de porter un diagnostic exact sur l'état de l'enfant », le commissaire du gouvernement confirmait qu'il y avait effectivement eu « une erreur de diagnostic de la part des hospices civils de Lyon (HCL) ». Ces déclarations avaient créé un vif espoir chez le père de Camélia, qui à l'issue de l'audience, voulait croire que son expérience permettrait à l'avenir d'éviter le déroulement de tels événements.

Aujourd'hui, le gouvernement ne veut pas faire taire les espoirs de ce père. A la Chancellerie, spécialistes de la maladie de l'ostéogenèse imparfaite, magistrats du siège, du parquet ainsi que des représentants du barreau et les directeurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et des Affaires Criminelles et des Grâces vont tenter « d'élaborer une méthodologie de traitement des affaires dans lesquelles il y a doute légitime sur l'existence de maltraitance sur mineur ». © Copyright 2005 http://www.jim.fr

M.P.

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