Pour augmenter le niveau d’activité physique des jeunes enfants, on leur achète un chien ?

Chez les jeunes enfants, l’OMS préconise au moins 180 minutes d’activité physique par jour, dont 60 minutes à une intensité modérée à soutenue. De plus, ces petits ne devraient pas rester assis trop longtemps ni passer plus d’une heure devant un écran. Environ un tiers des enfants n’atteindrait pas ces recommandations.

Or, à cet âge, l’activité physique est indispensable à un bon développement psychomoteur, elle favorise les apprentissages et elle contribue à prévenir l’apparition précoce des facteurs de risque de certaines maladies chroniques.

Chez les adultes, il a été montré que la possession d’un chien augmenterait, dans certains cas, l’activité physique quotidienne. Chez les jeunes enfants, seule une étude a été conduite (1). Elle a observé que les fillettes âgées de 5 à 6 ans (mais pas les garçons), dont les parents avaient un chien, totalisaient en moyenne 29 min d’activité en plus par jour.

Pas n’importe quel chien

Une équipe de l’université de Crawley (Australie) a voulu approfondir l’influence de ces compagnons à quatre pattes sur l’activité des petits (2).

Ils ont sollicité 30 parents possesseurs de chien et ayant participé à un précédent travail sur la santé des enfants de 5 ans ou moins. Après 12 entretiens (d’une durée de 30 à 60 min), les chercheurs n’ont plus recueillir aucune nouvelle donnée et l’analyse de a commencé. Les femmes représentaient la majorité des répondants (un seul homme). Les enfants étaient âgés en moyenne de 3,5 ans.

Un chien de grande taille, ou certaines races (comme les bulldogs) constituaient plutôt un obstacle aux promenades en famille ou aux jeux avec l’enfant, contrairement à des chiens plus petits, ou de races réputées « actives » (comme les golden retrievers). Les chiens les plus âgés acceptaient les jeux avec les jeunes enfants, car plus « calmes », ou les fuyaient parce qu’ils aspiraient surtout à la paix. Avoir reçu une éducation canine, ou être engagé dans une relation affective étroite avec les adultes étaient des facteurs positifs. Enfin, plus l’enfant était jeune (2 à 3 ans), moins il avait de sollicitations extérieures (sport, etc.), donc plus de temps à consacrer à une activité avec son chien. En revanche, il souffrait d’un manque d’expérience dans ses relations avec l’animal.

De nombreux facteurs, autres que la seule possession d’un chien, influencent donc l’activité des tout-petits.



Dr Patrick Laure

Références
1) Salmon J, Timperio A, et coll. : Dog ownership, dog walking, and children’s and parents’ physical activity. Res Q Exerc Sport.2010;81(3):264–71.
2) Coci M, Saunders J et coll. : Barriers and motivators for preschoolers playing and walking with their dog: Results from qualitative research. Health Promot J Austral. 2022;33:19 – 27.

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