Premier bilan de la régulation systématique à l’entrée des urgences

Paris, le mardi 2 août 2022 – Un peu plus de 40 centres hospitaliers auraient déjà mis en place une régulation systématique à l’entrée des urgences (de jour ou de nuit ou les deux) selon des déclarations du Dr François Braun à France Info le 27 juillet.

C’est le CHU Pellegrin, à Bordeaux qui a tiré le premier, fin mai, en mettant en place un tel dispositif la nuit alors qu’il était confronté à une pénurie de personnel. Ici, en plus de la régulation médicale du 15, des bénévoles de la protection civile orientent les patients devant les portes closes des urgences.

Comme le souligne Le Monde, ce filtrage correspond en effet à plusieurs situations différentes, il y a « certains services obligés de fermer véritablement la nuit, avec seulement une présence médicale en cas d’urgence vitale, essentiellement dans les territoires ruraux ou les petites villes. Elle est aussi déployée dans de grands services d’urgence qui, derrière leurs portes fermées, restent ouverts aux patients, mais seulement ceux envoyés par la régulation. A l’entrée, ce sont souvent des interphones qui mènent au 15, avec, d’un territoire à l’autre, des horaires qui diffèrent pour un système expérimenté en grande majorité sur la soirée et la nuit ».

Allongement des temps d’attente en ligne

Sans surprise cette régulation entraîne une augmentation des appels au 15. 

Selon des données dévoilées par RTL ce matin, les appels au SAMU auraient augmenté de 10 à 20 % et jusqu’à 50 % à Tarbes, Montauban ou Moissac, ce qui entrainerait une augmentation du temps d’attente au téléphone.

« Parfois, il faut le reconnaître et c’est ce qu’on craignait, les temps d’attente sur les lignes du SAMU ne sont plus bons du tout » reconnaît Louis Soulat, vice-président du syndicat SAMU-Urgences de France pourtant favorable à la mesure (le syndicat SAMU-Urgences de France était dirigé par François Braun il y a peu…).

En outre, la « complexité » des appels se serait également accrue : « On craint le moment où l’on ne sera plus en mesure de trouver une place à un patient qui en a besoin, et qu’il faudra laisser dans l’ambulance… » rapporte ainsi le Pr Philippe Revel, urgentiste à Bordeaux.

Parallèlement, selon le collectif inter-hôpitaux le nombre de patients aux urgences n’aurait diminué que de 6 %.

A Bordeaux, le bilan dressé à la fin juin, après plus d’un mois, a été positif avec une réduction des flux de 25 % à 30 % aux urgences. Globalement l’attente se serait accrue en ligne mais aurait diminué en « présentiel ».  Le ministre François Braun a expliqué qu’une première enquête menée à Pellegrin était « encourageante » et qu’elle n’avait pas mis en évidence de « perte de chance » (c’est heureux !). 

F.H.

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