Près de 130 000 enfants de plus pourraient mourir de malnutrition en 2020 en raison de la crise sanitaire

Paris, le mercredi 29 juillet 2020 – Dès l’adoption des premières mesures visant à limiter la circulation de SARS-CoV-2 dont les conséquences sur l’activité économique étaient inévitables, l’UNICEF a alerté sur l’impact de ces dispositifs sur la prévention de la malnutrition. Les crises sanitaires précédentes, telle l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014-2016, ont en effet considérablement entravé l’accès des plus jeunes aux services de santé et à l’aide alimentaire. L’UNICEF estimait donc à 30 % la réduction de la couverture des services de nutrition, qui pouvait aller jusqu’à 75 voire 100 % dans les pays ayant choisi d’appliquer un confinement strict.

La moitié des décès d’enfants supplémentaires liés à la faim devraient toucher l’Afrique

Les premières modélisations de cette situation ont été présentées. La semaine dernière l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) considérait que jusqu’à 120 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de faim chronique en 2020 en raison des difficultés économiques provoquées par les mesures de prévention de la diffusion de SARS-CoV-2. Aujourd’hui, le consortium Standing Together for Nutrition publie dans The Lancet des estimations concernant la mortalité infantile. Ses projections qui se basent notamment sur le recul des PIB et sur une estimation de l'influence de cette décroissance sur la progression de la malnutrition des jeunes enfants le conduisent à estimer qu’entre 111 193 et 178 510 morts d’enfants supplémentaires (par rapport à une année sans Covid) liées à la sous-alimentation pourraient être déplorées en 2020. La plus ou moins grande sévérité de ce désastre annoncé est liée à la variabilité des réponses des services d’aide alimentaire, concernant notamment la supplémentation en vitamine A et l’apport en micronutriments et suppléments aux femmes enceintes et aux jeunes enfants. Les auteurs estiment encore que 52 % de ces décès devraient survenir en Afrique sub-saharienne.

Le pire n’est pas toujours sûr…

L’épidémie de Covid-19 nous a habitués à conserver nos distances avec les modélisations mathématiques et il est à espérer que la réalité corrige une fois encore les perspectives les plus sombres. Cependant, les auteurs signalent que la réalité pourrait être plus accablante encore en cas de prolongement de la crise. En tout état de cause, pour les responsables de Standing Together for Nutrition, leur analyse doit impérativement être un signal d’alerte pour la communauté internationale afin qu’elle agisse contre la malnutrition des plus jeunes. 

Aurélie Haroche

Référence
Standing Together for Nutrition consortium : « Impacts of COVID-19 on childhood malnutrition and nutrition-related mortality », https://doi.org/10.1016/S0140-6736(20)31647-0

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