Quand les femmes ne sont pas faites pour les sciences…

Irène et Fréderic Joliot-Curie, Prix Nobel de Chimie 1935

Paris, le samedi 19 septembre 2015 - Une enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 5 032 européens* par la fondation l’Oréal-Unesco, révèle que 89 % d’entre eux estiment que les femmes sont douées pour tout… sauf pour les sciences.

Un sondage qui a fait bondir la "grande presse" mais dont beaucoup d’elements paradoxaux peuvent laisser circonspect et peuvent nous faire douter de la misogynie des peuples du vieux continent.

Les raisons d’une incapacité

Si une partie des sondés pensent que rien n’empêche une femme d’être scientifique, 25 % d’entre eux considèrent qu’il manque aux femmes de la confiance en soi, 21 % un réseau professionnel, 19 % l’esprit de compétition, 15 % de l’ambition, 12 % de l’interêt pour les sciences, 11 % de la perseverance, 9 % un esprit rationnel, 8 % un esprit pratique et enfin 7 % de la capacité scientifique (plusieurs réponses étaient possibles !). 

A l’origine, l’ignorance ?

Ce sondage a le "mérite" de nous rappeler que la plupart des avancées que nous devons à des femmes scientifiques sont en fait attribuées à des hommes, ainsi de la découverte de la composition chimique des étoiles par Cecilia Payne ou bien de la co-découverte du virus du Sida par Françoise Barré-Sinoussi… Ceci explique peut-être cela !

Des femmes qui sortent du lot !

Mais alors qu’il semble exister un a priori négatif, lorsque l’on demande aux sondés français de citer des chercheurs ayant réalisé un progrès majeur, c’est une femme, Marie Curie, qui arrive en deuxième position, derrière Albert Einstein. En Italie c’est une autre femme, Rita Levi-Montalcini, neurologue et prix Nobel de médecine en 1986, qui arrive en deuxième position.

Et pourtant la parité !

Malgré cette idée répandue selon laquelle les femmes ne seraient pas apte pour ce domaine, le pourcentage de seulement 3 % de prix Nobel attribués à des femmes depuis leur création en 1901 est jugé « trop bas » par 66 % des  Européens...qui souhaiteraient qu’une parité soit instaurée pour ce genre de récompense !

Sachant que les filles sont aujourd'hui plus nombreuses que les garçons à décrocher le bac S ou à entrer en deuxième année de médecine, le problème de la sous représentation des femmes dans les métiers scientifiques (elles représentent  environ 25 % des chercheurs européens aujourd'hui ), à de bonne chance de devenir bientôt un combat d’arrière-garde…


* 1012 italiens, 1009 français, 1003 espagnols, 1007 britanniques, 1001 allemands

FH

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Vos réactions (1)

  • Recherche ou réussite ?

    Le 19 septembre 2015

    Les chercheurs qui cherchent on en trouve, les chercheurs qui trouvent on en cherche... J'ai l'impression d'une confusion chez les sujets sondés - 50% de femmes ?- entre réussite et recherche. Une confusion qui peut expliquer les presque 90% d'avis sur l'incapacité -ou presque - des femmes pour les sciences...Pour plus de 15% des réponses, la confiance en soi, le réseau professionnel, la compétition, l'ambition... Tous ces critères sont ils bien spécifiques à la recherche? En les étudiant un par un, je serai bien surpris que des chercheurs passionnés par leur travail soient guidés ou motivés par l'ambition et non par l'humilité, par la confiance en soi et non par un questionnement et le doute, par un réseau professionnel, par la compétition et non par la discrétion et par une émulation entre chercheurs. Pour des chercheurs qui ont trouvé et réussi, si la présentation de leurs travaux, si la course aux subventions pour les prochains travaux de recherche... exigent des actions de communication, je peux comprendre le pourquoi de la compétition, de l'ambition. Bien avant le plaisir de la recherche elle-même pour les sciences ou pour tout autre domaine. Dire que les hommes dans ces "recherches politiciennes et médiatiques" sont mieux armés et ont plus d'expérience, c'est certain.
    Au XIX° siècle, pour toutes confessions, pour toutes idéologies, pour toutes communautés scientifiques, la triple infériorité des femmes était admise sur le plan physique, moral et intellectuel. Sommes-nous sortis du XIX° siècle pour ce que sont les représentations sociales attachées à la création, à l'enseignement ou à la recherche autant dans les domaines des sciences ou de l'art? Je revois Villeret sur scène, immense acteur, dans "La contrebasse" qui demande au public de chercher le nom d'une femme musicienne célèbre pendant qu'il part se désaltérer en cuisine - en coulisses - avec une petite boisson alcoolisée.
    Dr Jean Minaberry

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