Quelle est la mortalité postopératoire de l'oesophagectomie ?

Malgré les progrès des traitements adjuvants dans le cancer de l'oesophage, l'oesophagectomie demeure l'étalon de référence auquel les autres traitements sont comparés. Le taux de mortalité opératoire des oesophagectomies ( MOO), étudié sur de grandes séries, est passé de 29 % dans les années 70 à 13 % dans les années 80. La présente étude, basée sur une analyse exhaustive de Medline, a étudié la MOO entre 1990 et 2000, en excluant autant que possible les oesophagectomies pour lésions bénignes et les oesogastrectomies polaires supérieures pour lésions gastriques n'intéressant pas le cardia, ainsi que les essais dont le recul ne dépassait pas un an.

On ne s'est intéressé qu'à la mortalité dans les 30 j, ou pendant le séjour hospitalier, puis à 1 et 5 ans, ainsi qu'au taux de fistules, sans tenir compte du caractère curatif ou non de l'oesophagectomie. Comme il est apparu que la présence d'un traitement néoadjuvant ne modifiait pas la MOO, les malades ayant bénéficié d'un tel traitement ont été inclus. On a distingué les publications des pays occidentaux (Europe, Amérique, Australie) et celle des pays asiatiques( Chine, Japon, Singapour).

Au total, ce sont 312 publications qui ont été analysées, impliquant 70 756 opérés. La mortalité globale périopératoire s'élève à 6,7%, sensiblement plus élevée en Occident (8,9 %) qu'en Asie (5,2 %), même si un certain nombre d'articles ne font pas une distinction nette entre la mortalité à J30 et celle survenue pendant l'hospitalisation.

Le taux de fistules est aussi plus important en Occident (10,2 %) qu'en Asie (5,5 %), mais il est plus élevé dans les adénocarcinomes que dans les cancers épidermoïdes et l'adénocarcinome est exceptionnel en Asie. La survie à 1 et à 5 ans, qui n'est précisée que dans un nombre limité d'articles (1 sur 4 pour la survie à 1 an), est de 61 % et de 23 % dans les séries occidentales, et de 65 et 30 % dans les séries asiatiques, aboutissant sur le total des opérés aux chiffres de 62,7 et 27,9 %.

La baisse de la mortalité par rapport aux séries historiques est liée à l'amélioration des soins périopératoires : radiologie interventionnelle, unité de soins intensifs (USI), support nutritionnel, plus grande spécialisation des équipes. Cette MOO est cependant probablement supérieure à ce que l'on publie car bien des malades, prolongés dans les USI, décèdent au-delà des 30 jours pris en compte. Le critère de la survie à un an paraît donc plus pertinent que la MOO pour juger du bien fondé de l'indication.

Dr Jean-Fred Warlin


Jamieson GG et coll. : « Postoperative mortality following oesophagectomy and problems in reporting its rate ». Brit.J.Surg., 2004 ; 91 : 943-7. © Copyright 2004 http://www.jim.fr

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