Qui n’a pas peur du Wi-fi ?

Paris, le mardi 27 mai 2008 – Pouvoir se connecter à internet n’importe où à partir de son ordinateur portable sans avoir à effectuer aucun branchement : un rêve que la ville de Paris pensait devoir offrir à ses dizaines de milliers d’habitants et de visiteurs. Pourtant, alors que la capitale ne cachait pas sa fierté d’avoir déjà installé 400 bornes Wi-fi dans 260 lieux de la ville, elle semblait parallèlement faire machine arrière en octobre dernier. En effet, après que plusieurs employés de certaines bibliothèques municipales ont signalé la multiplication de symptômes divers (malaises, vertiges, céphalées) le Comité d’hygiène et de sécurité des affaires culturelles de la Ville décidait d’adopter « le principe d’un moratoire sur le Wi-Fi » dans ces établissements. En ce printemps 2008 c’est au tour de deux bibliothèques phares de la ville de suivre cet exemple. A la Bibliothèque Sainte Geneviève (BSG), un salarié qui affirme souffrir de « céphalées, troubles de l’équilibre, affaiblissement généralisé, stress, troubles ophtalmiques » probablement liés selon lui à une « surexposition prolongée aux champs électromagnétiques du Wi-Fi » a choisi d’exercer son droit de retrait le 13 mai dernier. Face à cette prise de position qui est le reflet d’une opposition plus massive à l’utilisation du Wi-Fi dans les locaux de la bibliothèque, la direction de la BSG a choisi de débrancher ses bornes Wi-Fi le 16 mai dernier. A la Bibliothèque nationale de France (BNF) un phénomène similaire semble devoir être observé : l’établissement a en effet récemment choisi de suspendre son projet d’accès à internet sans fil. La direction de la BNF indique que cette décision est liée à des considérations techniques, mais la Fédération syndicale unitaire (FSU) veut croire sans doute à raison que sa fronde n’a pas été pour rien dans le revirement de la bibliothèque. Au-delà de nos frontières, le Wi-Fi est également pointé du doigt. Ainsi, les associations Agir pour l’environnement et Priartem s’inquiètent de l’installation de connexions Wi-Fi dans le Thalys et une organisation américaine exige aujourd’hui la fin du Wi-Fi dans les bâtiments publics de Santa-Fe !

Le Wi-Fi : des radiofréquences marginales

Pour justifier leur hostilité au Wi-fi, les syndicats, les organisations écologiques et les associations de consommateurs affirment que les ondes du Wireless Ethernet Compatibility Alliance (Wi-Fi) sont dangereuses pour la santé, comme en témoignent les symptômes dont se plaignent certains usagers et comme le révéleraient des relevés de fréquence. Outre le fait que certains défendeurs des nouvelles technologies estiment cette position « rétrograde », la communauté scientifique est loin de partager totalement l’inquiétude de ceux qui redoutent les méfaits du Wi-Fi. Leur relative sérénité est tout d’abord liée au fait que parmi les différentes radiofréquences auxquelles nous sommes exposés, le Wi-Fi reste marginal. Un relevé de mesures réalisé sous l’égide de centres de recherche de Lyon et de Besançon a en effet confirmé que « la grande majorité des expositions aux radiofréquences est due à trois facteurs : le téléphone portable, le téléphone sans fil de la maison et le four à micro-ondes. Les antennes relais, TV, FM sont très peu contributives » comme l’expliquait Martine Hours, responsable du volet français d’Interphone au Monde en décembre dernier. Par ailleurs, l’exposition au Wi-Fi diffère de celle liée aux téléphones portables : « Contrairement à ce qui se passe avec le téléphone mobile, collé à la tête, les personnes sont toujours à au moins un ou deux mètres des stations de base de Wi-Fi » avait par exemple rappelé Olivier Merckel de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) qui après s’être montrée très rassurante sur ce sujet en 2005 est chargée d’un nouveau rapport sur ce thème qu’elle remettra dans quelques mois. A l’étranger, le professeur Lawrie Challis responsable du programme de recherche Mobile Telecommunications and Health Research en Grande-Bretagne avait martelé en juin dernier : « Le Wi-Fi semble ne représenter aucun danger pour la santé ».

Electrosensibilité, un handicap en Suède

Ces déclarations mille fois répétées et dans toutes les langues ne parviendront sans doute jamais à convaincre ceux qui à travers le monde sont persuadés d’être « électrosensibles ». Cette maladie n’est pas reconnue par l’Organisation mondiale de la Santé, ni dans aucun pays européen et n’est considérée que comme un « handicap » en Suède. Dans le pays scandinave, il n’est pas question d’affirmer l’existence d’un lien entre les vertiges, les céphalées et l’exposition aux ondes électromagnétiques, mais on souligne cependant que « quelles que soient les causes [de ces maux], nous devons aider ces gens. Il est important qu’ils soient pris en charge au niveau social et médical », comme le relevait le Monde 2 au début du mois de mai.

A.H.

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Vos réactions (1)

  • wi-fi et autres "nuisances" electromagnétiques

    Le 03 juin 2008

    Existe-t-il des études en double aveugle pour clarifier les affirmations des uns et des autres ?
    Je crois, naïvement, que c'est très facile pour le symptômes immédiats!

    Robert Chevalot

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