R-CHOP contre CHOP dans les lymphomes lymphoplasmocytaires et maladies de Waldenström

Le German Low-Grade Lymphoma Study Group GLSG a initié en 2000 un essai de phase III randomisé pour évaluer la valeur ajoutée du rituximab à la polychimiothérapie dans les lymphomes de bas grade en première ligne, incluant lymphomes folliculaires, lymphomes du manteau, lymphomes lymphoplasmocytaires (LPL) et maladies de Waldenström (MW). La randomisation était stratifiée selon l’histologie. Ici, ce sont les résultats obtenus dans les LPL et la MW qui sont rapportés, et la polychimiothérapie est plutôt agressive pour ce type de lymphomes puisqu’il s’agit de CHOP (cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine, prednisone). Il faut dire que parmi les critères d’inclusion figuraient une maladie de stade III ou IV nécessitant une intervention thérapeutique, c’est à dire avec des symptômes B, et/ou une forte masse tumorale, et/ou des cytopénies, et/ou une maladie rapidement progressive.

Quatre à 8 cures de CHOP ou de R-CHOP ont été administrées à raison de 1 cure toutes les 3 semaines. Ensuite, les patients de moins de 60 ans étaient une seconde fois randomisés entre intensification par autogreffe avec conditionnement par Dexa-BEAM et traitement de maintenance par interféron-alpha (IFN). Les patients âgés de plus de 60 ans se voyaient tous proposer de l’IFN après 4 à 8 cures de CHOP ou R-CHOP en cas de rémission au moins partielle (critères de réponse IWG et Waldenström workshop). Le nombre de cures de CHOP ou de R-CHOP était déterminé selon la réponse à 4 ou 6 cures : 4 cures en cas de réponse complète (RC), 8 cures en cas de réponse partielle (RP) à 6 cures.

Un total de 70 patients a été inclus, 69 ont été traités et 64 sont évaluables. Seulement 10 patients ont été autogreffés : 4 dans le bras CHOP et 6 dans le bras R-CHOP. Le traitement de maintenance par IFN a été administré à 84 % des patients du bras CHOP et 85 % du bras R-CHOP. Le taux global de réponses (RC + RP) des LPL était de 94 % dans le bras R-CHOP et 67 % dans le bras CHOP, mais le taux de RC était faible et ne différait pas selon les bras (9 et 7 %). Le taux global de réponses (RC + RP) des MW était de 91 % dans le bras R-CHOP et 60 % dans le bras CHOP, avec très peu de RC (9 et 4 %). Le temps médian jusqu’à la progression ou l’échec était de 63 mois dans le bras R-CHOP et de 22 mois dans le bras CHOP, similaires dans le groupes LPL et MW. La probabilité de survie sans progression ou échec à 2 ans était de 85 % dans le bras R-CHOP et 49 % dans le bras CHOP pour le groupe LPL, et 78 et 47 % pour le groupe MW. Les résultats sont restés comparables lorsque les patients autogreffés ont été exclus de l’analyse. La tolérance du traitement s‘est avérée sans surprise dans les 2 bras, aucun événement indésirable inattendu n’a été constaté.

Au total, le rituximab apporte une valeur ajoutée certaine à la chimiothérapie (ici le CHOP) dans ces lymphomes de bas grade nécessitant un traitement. Mais à quelle chimiothérapie faut-il combiner le rituximab dans ces maladies classiquement peu chimiosensibles ? 

Dr Delphine Rea

Référence
Buske C et coll. : The addition of rituximab to frontline therapy with CHOP (R-CHOP) results in a higher response rate and longer time to treatment failure in patients with lymphoplasmacytic lymphoma: results of a randomized trial of the German Low-Grade Lymphoma Study Group (GLSG). Leukemia 2009; 23: 153-161.

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