Réchauffement climatique : des conséquences inévitables sur la santé de la population mondiale

Paris, le jeudi 24 juin 2021 – Un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est rarement porteur de bonnes nouvelles. Celui en préparation et qui doit être publié en 2022 ne devrait pas faire exception. Il évoquera les probables répercussions « irréversibles pour les systèmes humains et écologiques » d’un réchauffement climatique supérieur à 1,5°C ; répercussions dont beaucoup devraient être observables avant 2050.

Des produits agricoles moins nutritifs, plus chers et plus difficiles à produire

Inévitablement, beaucoup concernent la santé. « La santé humaine repose sur trois piliers: la nourriture, l'accès à l'eau et le logement. Or ils sont vulnérables et menacent de s'effondrer », explique sobrement Maria Neira, directrice du Département de l'environnement, des changements climatiques et de la santé de l'Organisation mondiale de la Santé. Le réchauffement climatique et en particulier la raréfaction de l’eau altèrent incontestablement la qualité des récoltes et ces dernières années ont déjà été marquées par des baisses de rendement. Ainsi, la production mondiale du maïs a reculé de 4 % au cours des quarante dernières années et celles du mil et du sorgho de 20 et de 15 % en partie en raison de conditions climatiques défavorables là où ces plantes sont exploitées. On observe également une augmentation du nombre de mauvaises récoltes. Les experts du GIEC mettent encore en garde contre un possible risque d’une diminution des apports protéiniques de différentes céréales. Parallèlement, l’utilisation des terres pour la production de biocarburants ou la plantation d’arbres pour séquestrer le carbone aura également un impact sur l’activité agricole et sur les prix des denrées, accroissant encore la vulnérabilité de millions de personnes.

Paludisme, dengue, diarrhées : les maladies du 21ème siècle ?

L’asséchement ne touchera pas que l’agriculture, mais également la vie quotidienne des populations. D’ici 2050, la hausse de 1,5° ou de 2° des températures devraient en effet avoir une incidence sur 75 % des approvisionnements en eaux souterraines juge le GIEC. Dès lors, des déplacements de population massifs sont à prévoir. Enfin, les maladies liées aux virus et parasites transmis par les moustiques pourraient fortement progresser et concerner une proportion croissante de la population, tandis que le GIEC prédit une progression des décès liés aux diarrhées infantiles. Les pathologies associées à la mauvaise qualité de l’air et de l’eau et à la canicule pourraient également engorger les systèmes de santé, dont la fragilité a été mise en évidence par la pandémie de Covid.

Vive la science

Dès lors, le GIEC ne peut qu’une nouvelle fois appeler à une « transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux : individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement ». Il est convaincu en effet que des mesures fortes pourraient permettre de ralentir certaines évolutions. Parmi ces leviers, il convient de ne pas oublier l’ensemble des outils technologiques et scientifiques (OGM, médicaments, nouvelles sources d’énergie…) qui peuvent être développés et qui ont déjà prouvé par le passé qu’ils permettaient de dépasser certains fléaux naturels qui paraissaient insurmontables.

L.C.

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Vos réactions (1)

  • Le palu en Camargue ?

    Le 24 juin 2021

    Il y a quelques décennies, alors que je constatais que les hivers n'étaient plus du tout ce qu'ils avaient été (quasiment plus de neige en moyenne montagne à partir du milieu des années 70), j'avais émis l'hypothèse que nous allions vers ce que l'on nomma plus tard "réchauffement climatique".

    Et c'est la récurrence de ces hivers (qui n'en étaient donc plus) qui m'amena à m'interroger alors sur l'éventualité d'une implantation du palu en zones tièdes et humides telles la Camargue...
    Je crains désormais que cette éventualité puisse devenir réalité, dans un délai court, une petite décennie ?

    Dr ACR

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