Retour chaotique du confinement au Maroc

Casablanca, le mercredi 29 juillet – L’annonce inopinée de la mise en quarantaine de huit grandes villes a provoqué la panique sur les routes marocaines. En Europe, l’Allemagne et la Roumanie s’inquiètent d’une recrudescence des cas.

Des gares prises d’assaut, des embouteillages monstres, des routes bloquées pendant plusieurs heures. Le nord du Maroc a connu des scènes de paniques digne d’une véritable guerre dans la nuit de dimanche à lundi. Des mouvements de foule provoqués par la décision surprise du gouvernement marocain de restreindre les déplacements de et vers huit grandes villes du pays, dont Marrakech, Casablanca et Tanger, qui comprennent près de la moitié de population marocaine.

Virage à 180 degrés au Maroc

L’annonce ayant été faite ce dimanche à 19h pour une entrée en vigueur à minuit, des milliers de Marocains se sont alors précipités sur les routes. La décision de Rabat a pour but de lutter contre la progression de l’épidémie de coronavirus, après une augmentation rapide du nombre de cas ces derniers jours. Le royaume chérifien a enregistré « plus de contaminations en une semaine qu’en quatre mois » a précisé le ministre de la Santé. Les autorités craignent notamment que la fête de l’Aid Al-Ahda, prévue le week-end prochain et qui est généralement l’occasion de rassemblements familiaux, ne provoque une explosion des contaminations.

Cette nouvelle quarantaine, qui durera au moins 14 jours, constitue un virage à 180 degrés des autorités, qui avait opéré une levée des restrictions il y a seulement une semaine, en réouvrant musées et bibliothèques. Selon les responsables de la lutte contre la Covid, le rebond épidémique actuel est dû à un relâchement des Marocains, notamment dans le port du masque, pourtant obligatoire dans le royaume. Avec seulement 330 morts pour 36 millions d’habitants, le Maroc reste cependant relativement épargné par l’épidémie.

L’Europe se ferme à la Roumanie

En Europe, tous les regards sont désormais tournés vers la Roumanie, qui pourrait devenir, selon une formule d’un journaliste italien, « le Brésil de l’Europe ». Relativement épargné en mars-avril, comme la plupart des pays d’Europe de l’Est, la Roumanie connait un rebond épidémique depuis un mois : environ 1 100 cas par jour (contre 500 en avril) et 30 morts par jour (2 300 décès au total). Dans l’un des pays les plus pauvres du continent, les services hospitaliers risquent d’être rapidement submergés si cette tendance se confirme.

Les autres pays européens ont en tout cas décidé de se prémunir contre l’épidémie roumaine. La Grèce impose désormais un test PCR à toutes les personnes en provenance de Roumanie. Plus prudente, la Hongrie et l’Italie ont opté pour la quarantaine.

La Finlande, Chypre et la Lituanie ont tout bonnement fermé leurs frontières avec leur partenaire roumain.

Pas de vacances pour Angela

L’inquiétude monte également en Allemagne, qui compte désormais plus de 600 nouveaux cas par jour (mais où le nombre de personnes hospitalisés stagne). « La deuxième vague est là » affirme désormais le président de la Saxe Michael Kretschmer. « Nous ne savons pas si nous sommes au début d’une deuxième vague, mais c’est possible » préfère nuancer Lothar Wieler, président de l’Institut Robert Koch.

Les autorités sanitaires s’inquiètent notamment des risques provoqués par les voyages à l’étranger. Des tests obligatoires sont désormais imposés pour toute personne provenant des 130 pays considérés comme à risque par l’Institut Robert Koch. Les voyages à l’étranger, notamment vers l’Espagne, destination touristique très prisée des Allemands, sont désormais fortement déconseillés. Pour montrer l’exemple, la chancelière Angela Merkel a annoncé qu’elle renonçait à ses traditionnelles vacances en Italie. 

QH

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