Six décès (dont deux membres du personnel) dans un établissement de santé du Loiret : la grippe suspectée

Paris, le lundi 28 janvier 2019 – La directrice de l’UGECAM (union de groupement d’établissements de santé de l’Assurance maladie) pour la région Centre, Edwige Rivoire a indiqué ce vendredi au journal La République du Centre que des cas graves, suspects de grippe, et des décès avaient été déplorés récemment dans les établissements de La Chapelle (un centre de réadaptation fonctionnel pour adultes et un EHPAD). « On a deux décès qui sont intervenus sur les salariés et trois parmi des personnes âgées en EHPAD (…) sans que les causes soient formellement établies » précisait-elle. Samedi matin, un quatrième décès parmi les résidents alourdissait cet inquiétant bilan. 

Des confirmations nécessaires

L’EHPAD Les Ombrages à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) accueille 78 personnes âgées. Quatre d’entre elles, de plus de 90 ans, sont décédées la semaine dernière après avoir présenté une infection saisonnière évocatrice de la grippe, sans que les résultats d’analyse n’aient encore pu confirmer cette suspicion. « Il y a des éléments qui font vraisemblablement penser à un syndrome grippal mais on est en attente des résultats d’examen » souligne l’Agence régionale de santé (ARS).  Par ailleurs, ce 24 janvier, fait plus préoccupant encore, deux salariés du Centre de réadaptation fonctionnel (CRF) qui jouxte l’établissement pour personnes âgées sont morts chez eux. « Ils étaient en arrêt maladie pour "syndrome grippal" » signale l’ARS.

Une stratégie vaccinale discutable ?

Selon les premiers éléments disponibles, les deux employés du CRF et trois résidents sur quatre avaient été vaccinés contre la grippe, ce qui d’une part rappelle que la vaccination n’est pas suffisante pour assurer une protection optimale contre les virus grippaux (une visite d’enfants organisée début janvier dans l’EHPAD suscite quelques critiques), et d’autre part incite à une investigation poussée des autres explications possibles de ces décès groupés. Ces cas, s'il était confirmé qu'il s'agissait de la grippe, pourraient également  inviter à la réflexion sur nos stratégies vaccinales. La vaccination n’est pas en effet la plus efficace chez les plus âgés : « Pour les personnes très âgées qui ont un syndrome dit d’immunosénescence, un système immunitaire défaillant, le taux d’efficacité n’est que de 15 à 20 % », rappelle dans Libération le professeur Bruno Lina, virologue spécialiste de la grippe. Aussi, la vaccination des plus jeunes, qui est la méthode privilégiée dans d’autres pays, par exemple en Grande-Bretagne, est considérée comme plus à même d’éviter la transmission aux plus fragiles. Par ailleurs, elle confère une protection à des sujets qui ne sont pas toujours épargnés par des formes sévères.

Comment sera la grippe cet hiver ?

Il est en tout cas à espérer que ces cas très graves groupés ne conduisent pas à une nouvelle désaffection vis-à-vis de la vaccination. Si on constate ces dernières semaines une amélioration des couvertures vaccinales par rapport aux années précédentes, la défiance demeure en effet toujours importante : selon une enquête réalisée par BVA pour le ministère de la Santé, 52 % des Français pensent que la vaccination peut être à l’origine d’une grippe ! Faut-il enfin redouter que cet exemple de l’EHPAD Les Ombrages (même si la responsabilité du virus de la grippe reste à confirmer) soit le signe d’une épidémie particulièrement virulente ? La réponse à une telle question est toujours très difficile à apporter. Pour l’heure, on a pu constater que l’épidémie s’était installée tardivement par rapport à la "norme". « Les tableaux cliniques rapportés par les médecins Sentinelles ne présentaient pas de signe particulier de gravité : le pourcentage d’hospitalisation a été estimé à 0,7 % » peut-on par ailleurs lire dans le dernier Bulletin du réseau Sentinelles du 23 janvier.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (3)

  • Gravité et nombre de valences

    Le 29 janvier 2019

    Si nous avons la suspicion d’une particulière baisse d’efficacité cette année, il faudra necessairement éliminer scientifiquement deux ou trois hypothèses qui nourrissent les discours des antivaccinaux et qui font l’amalgame avec d’autres vaccination pour prétendre que le bilan des vaccinations est globalement négatif.

    Il ne faudrait pas qu’a l’inverse une attitude désinvolte en arrive à nier qu’en matière de grippe la vaccination ne brille pas depuis plusieurs années.
    Se demander si 4 valences obligatoires cette année ne diluent pas l’action, et donc tenter des monovalents quitte à en produire 4 dans des ampoules différentes et au dernier moment choisir le meilleur et si la planète entière ne voit circuler qu’un seul virus jeter les 3 autres ( donc en prévoir 4 fois plus !) 4 fois plus cher oui mais peut être pour 60 à 80% d’efficacité !

    Les 20% d’efficacités indiqués par le Pr Lina sont une moyenne avec des années à zéro d’autres à 60 %.
    On nous dit que la cible étant immunodéprimée c’est normal qu’il en soit ainsi.
    Pourquoi ne pas réaliser le vaccin en deux ou trois fois à 2 ou 1 mois d’intervalle pour renforcer cette immunité ?

    Peut être parceque c’est la répétition des injection qui comme contre Salmonella typhimurium, entraine une paradoxale baisse de l’immunité spécifique ou aspecifique comme une sorte de désensibilisation !

    Et c’est ainsi que l’on pourrait interpréter les décès des personnels adultes. Sont ils vaccinés tous les ans ? Ne sont ils pas victime d’un dérèglement de leur immunité les rendant soit hypersensibles au virus dont on meurt parfois que des symptômes réactifs asthme surproduction de cytokines qui détruisent les tissus.

    Eut il fallu paradoxalement les traiter par immunosuppresseurs interleukine et cortisone ? Et Tamiflu dès le premier jour mais ce n’est pas la consigne...
    Ou bien peut on éliminer l’idee d’une désensibilisation telle qu’au contraire l’organisme réagirait à minima croyant que comme chaque année c’est un petit bout de virus tué donc rien de complexe à mettre en œuvre, et malheureusement le virus a le dessus !

    Dernière hypothèse que les personnels soient porteurs comme dans l’établissement d’une bactérie quiescente pneumocoque virulent ou résistant sélectionné dans cette résidence et que ce pneumocoque ait attendu l’atteinte pulmonaire grippale pour surinfecter et tuer en l’absence d’antibiotique mis en œuvre.

    Ceci plaide pour une co vaccination avec la combinaison de plus en plus répandue 13 puis 23 valences.

    Pour conclure je pense qu’il faudrait que chaque ehpad dispose de kits de dépistage de la grippe et utilise la prophylaxie Tamiflu 1 par jour pendant 10 à 20 jours pour tous les résidents au contact et tout le personnel et tester cette attitude contre vaccination simple ou double des résidents et simple tous les trois ans des personnels contre simple tous les ans des personnels nonallegiques non asthmatiques.

    Dr François Roche

  • C'est long !

    Le 29 janvier 2019

    On ne sait toujours pas officiellement de quoi sont mortes ces personnes. Ca semble long, alors que des techniques rapides de PCR sont disponibles aujourd'hui.

    Dr EG

  • Les soignants décédés

    Le 29 janvier 2019

    Accident du travail ?

    JD

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