Succès visible pour la cornée biosynthétique

Stockholm, le jeudi 26 août 2010 – C’est au début du millénaire que l’équipe du physico-chimiste canadien David Carlsson s’est rapprochée de la biologiste cellulaire May Griffith et du docteur Frank Li, chimiste des polymère, tous deux chercheurs à l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa. Leur but : mettre au point une cornée biosynthétique, aux priorités similaires à celles de la cornée humaine. L’enjeu était immense : l’Organisation mondiale de la santé considère que 10 millions de personnes nécessitent une greffe de cornée. Or les donneurs manquent et les cornées artificielles développées dans les dernières décennies n’ont pu tenir leurs promesses. Trop fragiles à manipuler par les chirurgiens et présentant un risque de complications infectieuses et de glaucome, ces cornées n’ont pas permis de pallier le manque de greffons.

Aussi, plusieurs défis se dressaient devant les chercheurs canadiens : mettre au point une cornée synthétique transparente, compatible avec les autres tissus cellulaires et suffisamment robuste pour être implantée facilement. En 2003, le succès est au rendez-vous : ils implantent la première cornée biosynthétique chez le porc.

Amélioration de l’acuité visuelle pour six patients sur dix

L’essai chez l’homme est entrepris en Suède par l’équipe du chirurgien ophtalmologiste Per Fagerholm de l’université de Linköping.

Aujourd’hui, ces praticiens publient les résultats concernant dix patients ayant reçu une cornée biosynthétique il y a au moins deux ans dans la revue Science Translational Medicine, journal du groupe Science. Ces malades souffraient d’un kératocône avancé. Aucun d’entre eux n’a présenté de rejet ou développé d’infections. Surtout, pour six malades, la nouvelle cornée leur a permis d’améliorer leur acuité visuelle. Par ailleurs, ces cornées biosynthétiques se sont révélées sensibles au toucher et les patients peuvent produire des larmes de façon normale. Ces résultats très encourageants permettent également aux concepteurs de la cornée d’observer les améliorations qui doivent encore être apportées afin d’obtenir en terme d’acuité visuelle des résultats similaires aux greffes de cornée. Cependant, dores et déjà le docteur May Griffith peut se féliciter : « Cette étude clinique est importante car elle montre pour la première fois qu’une cornée fabriquée artificiellement peut s’intégrer dans l’œil humain et stimuler la régénération des tissus ».

Léa Crébat

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