Télémédecine : le fiasco ?

Paris, le lundi 24 juin 2019 - Lors de la dernière réunion de la commission paritaire nationale (CPN), le 19 juin dernier, la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a présenté à ses partenaires un nouveau bilan, dix mois après sa mise en place, de la télémédecine conventionnée en France.

Le premier bilan communiqué par la CNAM mi-mars faisait état de 8 000 téléconsultations remboursées en 6 mois.

Si les choses se sont un peu accélérées, avec 16 000 téléconsultations à la mi-mai, on demeure très loin du rythme nécessaire pour atteindre les 500 000 actes prévus initialement en 2019.

Sur ce total de 16 000 téléconsultations, huit sur dix ont été réalisées en libéral et la moitié par des médecins généralistes.

L'Assurance-maladie a également dévoilé les premiers chiffres de la télé-expertise, remboursée depuis le 10 février 2019…et ils sont encore plus catastrophiques que les précédents.
 
Au 30 avril, seules 110 télé-expertises ont été facturées majoritairement par des médecins libéraux (81 %) qui ont fait appel à un total de 22 médecins experts !

Une montée en charge plus que modeste à propos de laquelle le ministre de la santé, Agnès Buzyn a été appelée à réagir à l’occasion du printemps de l’évaluation organisé par le Dr Olivier Véran à l’Assemblée nationale.

Agnès Buzyn a fait valoir « les équipes sur le terrain m'ont expliqué que cela nécessitait l'achat de matériel, de se former mais aussi de dégager des plages horaires dédiées. Ce n'est pas simple et immédiat ». Elle a aussi assumé d'écarter du remboursement les consultations « hors parcours » des plateformes et prestataires privés.

Et si, tout simplement, comme le patron de la Fédération des médecins de France (FMF), le Dr Jean-Paul Hamon l’affirmait au JIM en avril 2018, la télémédecine ne saurait être qu’une « activité annexe » à la limite du gadget ?  

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Dégringolaaaade

    Le 25 juin 2019

    Je me marre !... pas en raison de la situation lamentable du pays, notamment côté santé et ses perspectives. Mais mesquinement, car je continue de me demander comment il a pu germer dans une cervelle soi-disant humaine que là où on n'a déjà pas assez de praticiens pour couvrir les besoins du terrain, on allait résoudre la problématique en leur faisant perdre du temps (et prendre plus de risques médico-légaux... mais ça bien sûr ceux qui le décident s'en foutent) avec des connexions vidéos... même pour de la dermato "banale" faire un diagnostic sur photo peut être très traître, rien ne saurait remplacer l'examen direct avec nos cinq sens (ok on n'est pas systématiquement obligés de "goûter" nos patients -ouf!-). Je me marre, dis-je, car pour m'être vu atteindre des valeurs de répulsion-dégoût-écœurement-rage insoupçonnées suite aux décisions de nos brillants politiques de tous poils depuis plus d'une vingtaine d'années, voir commencer à glisser sur le toboggan de la démagogie des Buzyn (Touraine y a un peu trop échappé à mon goût.. perd rien pour attendre celle-là!), Véran, Mesnier et autres faux défenseurs de la Santé et vrais promoteurs de la marchandisation de l'humain et surtout de leur propre gloire égoïste, je m'offre le sourire cynique de celui qui aurait aimé que sa vision pessimiste soit contredite, mais qui en voit la validation... les lubies des technocrates n'ont pas fini de nous décevoir, hélas ! Mais blague à part, l'actuelle ministre... "a fait valoir que « les équipes sur le terrain m'ont expliqué que cela nécessitait l'achat de matériel, de se former mais aussi de dégager des plages horaires dédiées. Ce n'est pas simple et immédiat ». ... n'êtes-vous pas non plus consterné(e) ? En fait elle n'avait pas réfléchi trois secondes à la pertinence du projet et la réalité du terrain, que visiblement elle ignore grandement ? Comment interpréter autrement tel propos ? Est-ce faire de la politique qui rend cruche, ou c'est vraiment la plus nulle communicante de leur clique, qui a trop retenu l'unique leçon "parles leur comme à des cons et tu verras c'est fou ils le deviendront et après on en fait ce qu'on veut" ?... J'ai l'impression d'entendre entre les lignes qu'elle geindrait avec une voix de petite fille "on avait dit que on faisait la télémédecine alors pof voilà les médecins ils devaient faire de la télémédecine mais en fait ils la font pas les vilains y en a qui veulent pas et puis les autres ils sont pas de temps et en plus ils voudraient du matériel, pasque ces plébéiens n'ont même pas la connexion wifi intégrée dans leur crâne, vous vous rendez compte, le monde ne s'incline pas devant les desiderata des parasitocrates, c'est pas d'jeu !"...

    J'en peux plus de leurs langues de bois dont le niveau laboure les racines des pâquerettes, pitié, faites les taire et cesser de nous compliquer la vie !

    Dr Felix Galeyrand

Réagir à cet article