Tout ce que vous voulez savoir sur la variole du singe

Depuis le début du mois de mai 2022, plus de 3 000 cas d’infection par le virus Monkeypox ont été rapportés dans plus de 50 pays à travers le monde, conduisant l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à déclencher, le 23 juillet 2022, une urgence de santé publique de portée internationale.

Le virus Monkeypox est un orthopoxvirus à ADN, décrit pour la première fois chez les humains en République Démocratique du Congo, et à l’origine d’épidémies sporadiques de variole du singe. Bien que circulant depuis des décennies dans des régions où il est considéré comme endémique, le virus Monkeypox n’avait pas jusqu’à présent éveillé l’attention internationale ni fait l’objet de beaucoup de recherches.

De nombreuses inconnues subsistent donc concernant la transmission, les facteurs de risque, les formes cliniques et l’évolution de la variole du singe.

Un groupe international de praticiens s’est constitué pour décrire une série de 528 cas de variole du singe confirmés par PCR, recueillis dans 16 pays des 5 grandes régions de l’OMS, entre le 27 avril et le 24 juin 2022. 

Des manifestations cutanées variées et un bon pronostic

Dans 98 % des cas, les personnes infectées sont des hommes, homosexuels ou bisexuels et 41 % sont porteurs du VIH (virus de l’immunodéficience humaine). L’activité sexuelle est le mode de transmission suspecté dans 95 % des cas, ce que semble étayer la présence de lésions initiales des muqueuses génitales, anales ou orales qui peuvent représenter le site d’inoculation.

La détection par PCR, du virus Monkeypox dans le liquide séminal dans 29 des 32 prélèvements disponibles vient appuyer cette hypothèse de la transmission par voie sexuelle, qui devra toutefois être confirmée.

Dans cette série, l’infection se manifeste par un rash dans 95 % des cas (avec moins de 10 lésions pour 64 % des patients). Les régions anatomiques concernées sont les zones ano-génitales sans 73 % des cas, le tronc, les bras ou les jambes dans 55 % des cas, le visage dans 25 % des cas et les paumes des mains ou les plantes des pieds dans 10 % des cas.

Notons que pour 54 patients, une seule lésion génitale était présente. Les lésions peuvent être de plusieurs types, parfois présents simultanément (macules, papules, vésicules). Des signes généraux précèdent souvent le rash : fièvre, fatigue, myalgies, céphalées, adénopathies. Dans cette série de cas, la période d’incubation va de 3 à 20 j (médiane 7 jours).

Au total 13 % des patients ont été hospitalisés, principalement pour la prise en charge de douleurs anorectales ou pour des surinfections. La présentation clinique est la même quel que soit le statut des patients vis-à-vis du VIH. Deux types de complications graves sont toutefois à signaler : un cas d’épiglottite et deux myocardites. Enfin, 5 % des patients ont reçu un traitement antiviral, par cidofovir ou tecovirimat. Aucun décès n’est survenu.

Ce n’est pas une maladie des « gays »

Les auteurs soulignent les difficultés de diagnostic que peuvent constituer ces formes cliniques de la variole du singe. Notamment, les lésions génitales isolées ou le rash cutané au niveau des paumes des mains ou des plantes des pieds peuvent être aisément confondues avec une syphilis ou une autre infection sexuellement transmissible (IST). Dans cette série, une autre IST avait été détectée chez 29 % des personnes testées.

Ils insistent sur le fait que, bien que dans cette série la grande majorité des personnes infectées sont homosexuels ou bisexuels hommes, la variole du singe n’est pas plus une « maladie des gays » qu’elle n’est une « maladie africaine ». Des cas sont identifiés chez des hétérosexuels (9 dans cette série) et la vigilance est donc nécessaire devant toute personne se présentant avec un rash associé à des symptômes généraux.

Dr Roseline Péluchon

Références
Thornhill J.P. et coll. : Monkeypox Virus Infection in Humans across 16 Countries - April-June 2022. N Engl J Med., 2022 ; publication avancée en ligne le 21 juillet.
doi: 10.1056/NEJMoa2207323.

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Vos réactions (1)

  • Variole

    Le 29 juillet 2022

    Un rapport avec la variole dont la vaccination obligatoire a été supprimée (à tord en 1978 ou 1979)?
    Et le traitement?

    Dr Jean-Paul Vasse

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