Un interne se suicide à Nancy, l’INSI exprime sa colère

Nancy, le vendredi 6 mars 2020 – Un interne en biologie médicale à Nancy s’est donné la mort. Il s’agit du quatrième suicide d’un jeune médecin en 2020.

Une semaine après le suicide d’un interne en anesthésie-réanimation à Reims, un drame similaire vient de se produire à Nancy, où un interne en premier semestre de biologie médicale s’est donné la mort. L’information a été rendue public par l’Intersyndicale nationale des internes (INSI), qui appelle « tous les soignants à porter un brassard noir en signe de deuil » pendant une semaine en hommage à ces deux jeunes médecins décédés.

Ce nouveau drame a été l’occasion pour l’INSI de rappeler son combat contre la détresse psychologique des internes. « La souffrance des soignants est systématiquement étouffée » dénonce le communiqué de l’INSI, alors que plusieurs études démontrent que les médecins présentent un taux de suicide environ deux fois supérieur à celui de la population générale. Une angoisse qui commence dès le début de la formation, puisque 11 % des étudiants en médecine disent avoir eu des pensées suicidaires.

Un désespoir créé par de rudes conditions de travail

Selon l’INSI, ce sont avant tout les conditions de travail qui expliquent ce désespoir chez les internes. Outre la pression inhérente à ce métier et le harcèlement que peuvent subir les internes de la part de leur hiérarchie et de l’administration, c’est avant tout le temps de travail qui est dénoncé par le syndicat. Si le ministère de la santé a, face à la colère des internes, annoncé vouloir s’assurer que la limite légale de 48 heures hebdomadaire soit respectée, l’INSI considère que cette annonce est « vide de sens tant qu’il n’existe pas légalement d’obligation de décompter les heures de travail ».

Outre ce décompte des heures de travail, l’INSI demande la création d’un « observatoire national de la souffrance des soignants » et le développement de structures d’accompagnements dans les hôpitaux. Le syndicat considère que les mesures prises jusque là par le gouvernement sont inefficaces, pointant notamment du doigt le manque de moyens accordés au Centre national d’appui créé en juillet 2019 pour venir en aide aux étudiants en médecine.

Des actions en justice pour défendre les droits des internes

Enfin, l’INSI annonce dans son communiqué plusieurs actions en justice. Le syndicat va ainsi dénoncer devant la justice administrative le décret sur le temps de travail des internes qui n’a pas, contrairement aux recommandations de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) mis en place un décompte des heures. Il annonce également qu’il portera plainte dès qu’un interne verra ses droits violés par sa direction, sera victime de harcèlement ou, plus tragiquement encore, trouvera la mort.

QH

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Vos réactions (1)

  • Une question

    Le 07 mars 2020

    Ces internes qui se suicident n'auraient-il reçu des tranquillisant qui entraînent de la dépression et des suicides ? Interdit en France d'oser critiquer ces merveilleux médicaments qui droguent une bonne partie de Français !

    Dr Guy Roche, ancien internsiste

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