Un sang artificiel créé à partir d’un ver marin va être évalué en France

Paris, le lundi 26 mai 2014 – Il y a plus de dix ans, Franck Zal, alors encore chercheur au CNRS et son collègue André Toulmond mettaient en évidence le fait qu'un substitut du sang humain pouvait être obtenu à partir du sang d'une espèce de ver marin. L'arénicole, plus communément appelé « ver des pêcheurs » en raison de son utilisation comme appât, possède en effet une hémoglobine qui a des propriétés fonctionnelles très proches de celles de l'hémoglobine humaine. Ces travaux avaient à l’époque été très remarqués et Franck Zal s’enthousiasmait déjà : « Jusqu'alors, toutes les hémoglobines de substitution, d'origine chimique ou animale, avaient posé de graves problèmes d'allergies ou d'élimination rapide au niveau rénal », remarquait-il.

Grâce à la Navy, Hémarina ne fait plus la course en solitaire

Au cours des dix dernières années, l’espoir soulevé n’a nullement été déçu. Il faut dire que Franck Zal a décidé d’exploiter toutes les promesses de l’arénicole, à travers une start up fondée en 2007, baptisée Hémarina et pour laquelle il a abandonné la recherche fondamentale. Cette petite entreprise a déjà déposé dix-huit brevets internationaux et ses travaux ont suscité l’intérêt de nombreuses institutions, notamment de l'US Navy qui a signé en 2011 un contrat de écodéveloppement avec elle. Ce qui intéresse la marine américaine c’est la possibilité de disposer de « doses d'hémoglobine en poudre, pouvant être reconditionnées et injectées directement à des militaires blessés sur des champs de bataille », souligne Franck Zal.

Un essai pas sang intérêt

Ce grand intérêts suscitée par Hémarina est liée aux très bons résultats obtenus chez l’animal. Ainsi, en 2011 des travaux présentant l’intérêt de ce ver dans la préservation d’organes en vue de transplantation (à partir d’essais menés chez l’animal) avaient été publiés par The American Journal of Transplantation. Cependant, au-delà des brevets et des résultats encourageants chez l’animal, la réalisation d’études et essais cliniques chez l’homme reste essentielle pour envisager une utilisation chez des patients. Sur ce terrain, l’année 2014 pourrait marquer un tournant important puisqu’un essai clinique portant sur une soixantaine de personnes va être lancé avant la fin de l’année dans six centres hospitaliers et sera conduit par le professeur Yannick Le Meur, chef du service de néphrologie à l’hôpital de la Cavale Blanche à Brest. « Pour toute la communauté de la transplantation c’est un énorme espoir parce que c’est la première fois depuis très longtemps qu’on a peut-être une possibilité d’améliorer la conservation et la préservation des greffons », explique ce spécialiste.

Léa Crébat

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