Variole du singe : dépistage et vaccination s’accélèrent

Paris, le mardi 26 juillet 2022 – Face aux critiques des associations LGBT, les autorités ont décidé de renforcer la lutte contre l’épidémie de variole du singe.

Pour une fois, les autorités auront entendu rapidement les critiques. Depuis plusieurs jours, les associations de défense des personnes LGBT fustigent l’inertie supposée du gouvernement et des autorités sanitaires face à l’épidémie de variole du singe, qui touche en grande majorité des hommes homosexuels.

Dernière critique en date, celle de l’inter-LGBT, qui regroupe plusieurs associations de défense des homosexuels et qui, dans un communiqué publié ce lundi, « s’insurge face à l’inaction, le manque de préparation et de transparence du gouvernement ».

Pour répondre à ces accusations, les autorités tentent d’accentuer la lutte contre l’épidémie, afin d’éviter que le virus, qui n’a pour l’instant contaminé officiellement que 1 567 personnes en France (au 21 juillet dernier), ne se répande dans la population générale.

Concernant le dépistage, la Haute Autorité de Santé (HAS) s’est prononcée ce lundi en faveur du remboursement des tests PCR de détection du virus monkeypox. L’institution précise cependant que « le diagnostic d’infection par le virus Monkeypox repose en première intention sur l’examen clinique » et qu’un tel test PCR ne doit être effectué que si « le tableau clinique n’est pas suffisamment explicite ».

La HAS estime également qu’il n’est pas utile de faire un test en l’absence de symptômes.

Bientôt un vaccinodrome à Paris

Mais c’est sur le plan de la vaccination que les critiques des associations LGBT ont été les plus acerbes et que la réponse des autorités était le plus attendue. Pour rappel, depuis le 8 juillet dernier, la vaccination contre la variole du singe, jusqu’alors limitée aux cas contacts, a été ouverte aux homosexuels et transsexuels ayant des partenaires multiples, qui représenteraient plus de 95 % des cas connus.

Mais alors que les premiers créneaux ont été ouverts le 11 juillet, de nombreux candidats à la vaccination ont fait part de leurs difficultés à obtenir un rendez-vous.

Ce lundi, le ministre de la Santé François Braun a donc annoncé l’ouverture prochaine d’un vaccinodrome à Paris, épicentre de l’épidémie en France, ainsi que la publication ce mardi d’un décret autorisant les étudiants en médecine à pratiquer la vaccination.

Alors que la DGS s’était, il y a peu, réfugiée derrière le secret-défense pour refuser de communiquer le nombre de doses disponibles, soulevant de nombreuses accusations d’opacité, le ministre s’est lui montré plus transparent, indiquant sur les antennes de BFM-TV que 42 000 doses avaient été déstockées et que « plus de 6 000 personnes ont reçu cette vaccination préventive ».

« Nous avons largement le nombre de doses suffisantes pour la population qui est principalement à risque et principalement concernée par cette maladie » a ajouté le ministre.

Une conclusion loin d’être partagée par les associations LGBT, qui estiment que ce sont au moins 150 000 personnes qui sont potentiellement vaccinables selon les dernières recommandations en vigueur. L’association de lutte contre le Sida, Aides demande ainsi « le déploiement par l’Etat d’une campagne de vaccination coup de poing ».

Elle exige ainsi que des doses de vaccins soient délivrées aux médecins libéraux et aux pharmaciens volontaires. Si la FSPF s’est dite favorable à une éventuelle vaccination en officine, l’USPO considère de son côté que la question n’est pas encore à l’ordre du jour et que « les pharmaciens ont un autre rôle de prévention à jouer ».

Dix-huit mois après, on semble revivre, toute proportion gardée, les mêmes débuts difficiles que lors de la campagne de vaccination contre la Covid-19.

Quentin Haroche

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Vos réactions (1)

  • Vaccinodrome : une erreur

    Le 28 juillet 2022

    Ouvrir des vaccinodromes pour la vaccination contre la variole du singe serait pour moi une erreur. Le nombre potentiel relativement faible des sujets à vacciner ne justifient pas cette stratégie. Il y a aussi un risque de stigmatisation des HSH. Il faut laisser la stratégie de vaccination aux médecins généralistes ce qui assurera une confidentialité totale.

    Pr Dominique Baudon

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