Variole du singe : peu de morts dans le monde et peu de vaccins

Lima, le mardi 2 août 2022 – Deux nouveaux morts liés à la variole du singe ont été signalés dans le monde, un au Pérou et l’autre en Inde. En France, la stratégie vaccinale continue d’interroger.

L’épidémie de variole du singe continue de faire des victimes dans le monde. Ce lundi, le Pérou, pays qui dénombre 305 cas de la maladie, a fait état de son premier décès, le deuxième en Amérique du Sud après celui survenu au Brésil jeudi dernier. Le patient était âgé de 45 ans et était porteur du VIH.

« Sa santé s’était dégradée après avoir abandonné son traitement pour le VIH » a déclaré le directeur de l’hôpital, qui pense que le décès pourrait avoir été en réalité causé par une septicémie « favorisé par un système immunitaire affaibli »

10 morts dans le monde depuis le début de l’épidémie

Le même jour c’est l’Inde qui faisait état d’un décès lié à la variole du singe, le premier due à cette maladie en Asie. Agé de 22 ans, la victime avait été testé positif lors d’un voyage aux Emirats Arabes Unis, mais était tout de même rentré chez lui dans l’Etat du Kerala, dans le sud du pays, où il est décédé ce samedi.

Là aussi, le lien entre la mort et le virus n’est pas encore établie. « Le jeune homme n’avait pas de symptômes de variole du singe, il a été admis à l’hôpital avec des symptômes d’encéphalite et de fatigue » a indiqué le ministre de la santé de l’Etat.

Ces deux décès surviennent trois jours après que l’Espagne ait fait état de deux premiers morts de personnes contaminées par le monkey pox, les premiers en Europe, même si là encore des investigations doivent encore être menées pour déterminer la cause exacte du décès.

Au total, 10 personnes sont mortes de la variole du singe depuis le début de l’épidémie début mai, dont 5 dans des pays africains où la maladie est endémique. Dans son dernier bilan, le CDC fait état de 23 620 cas dans le monde, les pays les plus touchés étant les Etats-Unis (5 810 cas), l’Espagne (4 298 cas) et l’Allemagne (2 677 cas).

En France, on comptait selon le dernier bilan de Santé Publique France en date de ce jeudi, 1 955 cas, dont 42 ont dû être hospitalisés et aucun décès.

Depuis le 8 juillet, la vaccination contre la variole du singe, qui se fait en deux doses espacées de 28 jours (trois pour les immunodéprimés) a été ouverte aux homosexuels et aux transsexuels multipartenaires, population la plus à risque de contracter le virus.

Vérité en deçà des Pyrénées

Malgré l’ouverture de plus d’une centaine de points de vaccination en France et d’un centre de vaccination spécifique à Paris, la campagne de vaccination patine. Il est en effet actuellement quasi impossible de réserver un créneau de vaccination, suscitant la colère des associations de défense des droits des homosexuels, qui dénoncent l’inaction du gouvernement.

Reprenant une proposition de l’association Aides, l’Académie de pharmacie a demandé ce lundi que les pharmaciens d’officine soient habilités à vacciner et puissent « participer activement à la vaccination contre la variole simienne des populations à risque, comme ils ont su le faire avec grand succès pour la vaccination contre la Covid-19 ». Restera à disposer des doses nécessaires.

Les débuts difficiles de la campagne de vaccination sont semble-t-il dues à un manque de doses, mais il est difficile d’en savoir plus, puisque le ministre de la Santé François Braun a rappelé que les informations sur les stocks de vaccins  étaient classés « secret-défense », la variole pouvant être utilisée comme une arme bactériologique.

Mais de l’autre côté des Pyrénées, la transparence ne semble pas être un vain mot et le ministère de la Santé espagnol a reconnu que le pays ne disposait actuellement que de 5 300 doses, bien trop peu pour vacciner l’ensemble de la population à risque d’Espagne. La commande de vaccins étant réalisée au niveau européen, il y a fort à parier que la France se trouve dans la même situation.

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article