Vitamine D : la schizophrénie aussi !

Certains travaux suggèrent que la vitamine D se trouve vraisemblablement impliquée dans le déterminisme de la schizophrénie : un faible taux (prénatal et néonatal) de cette vitamine semble en effet associé à un risque accru de la maladie. Cette conviction s’appuie notamment sur plusieurs indices épidémiologiques : association entre la fréquence de la schizophrénie et le mois de naissance (les sujets nés en hiver et au printemps sont « faiblement mais significativement » plus sensibles), effet probable de l’ensoleillement sur cette association (car son intensité dépend de la distance à l’équateur) et de la couleur de la peau (les sujets avec une peau sombre comme les migrants africains se montrent plus vulnérables), parallèle entre la saison de naissance et le profil clinique (les sujets nés en été ont un syndrome déficitaire plus marqué)…

Émanant d’une coopération entre des chercheurs danois et australiens, une étude sur 424 patients schizophrènes et 424 sujets-contrôles approfondit donc l’examen de cette association entre le métabolisme précoce de la vitamine D et un risque ultérieur de schizophrénie. La carence en vitamine D est définie par un taux de 25-hydroxy-vitamine D3 (cholécalciférol) inférieur à 75 nmol/l. Comme ils s’y attendaient, les auteurs confirment cette incidence d’un faible taux de vitamine D sur la probabilité de schizophrénie (multiplication du risque par 2). Mais un phénomène de sérendipité (réaliser une découverte inattendue au cours d'une recherche dirigée initialement vers un objet différent de cette découverte) vient aussi surprendre les chercheurs, car ils observent aussi, de façon inattendue, l’impact également fâcheux d’un taux élevé de vitamine D sur ce même risque de psychose !

Cette découverte suggère d’une part que le métabolisme de la vitamine D intervient dans le neurodéveloppement normal ou son dysfonctionnement, et que sa surveillance (voire sa correction thérapeutique) constitue une piste prometteuse pour une éventuelle prévention (partielle) dans l’apparition de la schizophrénie. Certains chercheurs estiment même que cette stratégie serait peut-être « comparable à la prévention du spina bifida par l’apport d’acide folique » (vitamine B9).

Dr Alain Cohen

Références
McGrath JJ et coll. : Neonatal vitamin D status and risk of schizophrenia.
Arch Gen Psychiatry 2010 ; 67 (9) : 889-894.

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