Bilans de médication : un marché de dupes pour les officinaux ?

Paris, le lundi 27 ma 2019 – Selon des chiffres dévoilés par la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) à l’occasion d’une réunion avec les pharmaciens d’officine signataires de la convention, seuls 46,2 % des bilans partagés de médication (BPM) ont donné lieu à une rémunération. Ce taux est encore plus bas pour les entretiens AVK (20 %), AOD (24,5 %) et asthme (19,6 %).

La CNAM met ces mauvais chiffres sur le compte des officinaux et le non respect des règles administratives adoptées lors des négociations.

Néanmoins, la CNAM s’est engagée auprès des syndicats à régulariser un tiers des dossiers rejetés au cours de l’été.

Cette promesse est jugée bien insuffisante par les syndicats, l’USPO (Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine) et la FSPF (Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France) qui demandent à la CNAM que la totalité des BPM et des entretiens pharmaceutiques soit payée. Les deux syndicats s’accordent également pour réclamer un paiement après la finalisation de chaque étape du BPM. La FSPF plaide, en outre « pour la sortie de ces accompagnements pharmaceutiques du dispositif de rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) en faveur d’un paiement à l’acte. »

L’USPO de son côté propose une simplification de la procédure et une suppression du critère d’âge ou sa fixation à 65 ans, ainsi que l’inclusion de tous les patients polymédiqués dans le BPM, si ces derniers le demandent. Par ailleurs, l’USPO estime que la saisie des données ne doit plus être effectuée sur la plateforme AmeliPro, une tache jugée « chronophage ».

Face à ces nombreuses demandes, l’USPO attend « un arbitrage positif rapide de l’Assurance maladie », tandis que la FSPF réclame « un geste fort (…) pour ne pas freiner la réalisation des entretiens ».

Xavier Bataille

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Vos réactions (2)

  • Mission(s) .....impossible(s) ?

    Le 28 mai 2019

    Récemment, Revel a déploré que seules 3000 pharmacies sur 22 000 se soient impliquées dans les missions. Si seules 25-30% ont pu aller au bout jusqu'au règlement de l'acte, ça nous fait 1500-2000 pharmacies seulement qui ont pu compenser l'énorme coup de matraque à la baisse de la rémunération nouvelle qui a commencé le 1er janvier,comme prevu pendant les négociations, pour financer "a perimetre constant" le "cadeau" des nouvelles missions. Comme l'a dit Bonnefons :"nous avons bien négocié".

    Maignan, pharmacien

  • Une question à M Revel

    Le 30 mai 2019

    Oui les entretiens sont un marché de dupes, valorisants en théorie mais si compliqués en pratique.
    Revel devrait se poser la bonne question, pourquoi si peu de pharmacies engagées ? La conscience tranquille, le sachant pertinemment, il feint de ne pas comprendre et fait reposer la faute aux pharmaciens. Mr Revel, si votre rémunération baissait de 20% accepteriez vous d'accomplir d'autres missions dans votre temps de travail imparti ?

    D Beranger (pharmacien)

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