Homéopathie : les doyens appellent à la « rigueur » et en même temps à « l’ouverture d’esprit »

Paris, le lundi 10 septembre 2018 – La polémique autour de l’homéopathie ne connaît décidément pas de répit.

Ainsi, dans un communiqué, les conférences des doyens* ont réagi à l’annonce de l’université de Lille de suspendre son DU d’homéopathie en prenant leur distance avec cette décision.

Dans ce court appel, les auteurs affirment en préambule « leur engagement pour analyser avec rigueur et ouverture d’esprit les actions de formation et de recherche consacrées aux médecines alternatives et intégratives, en particulier l’homéopathie ».

Pour un observatoire des « médecines alternatives et intégratives »

A ce titre, ces institutions demandent, notamment, « la mise en place d’un observatoire universitaire des médecines alternatives et intégratives qui puisse non seulement faire un inventaire précis de l’offre de formation et de recherche mais aussi travailler pour comprendre les déterminants psychosociaux qui font leur succès » et recommandent que ces formations « soient encadrées et réalisées par des enseignants universitaires en Santé et en toute transparence quand il peut exister un lien d’intérêt » et qu’elles conservent, donc, leur place dans l’enseignement supérieur.

Les signataires concluent « les Conférences souhaitent donc assumer leur responsabilité universitaire en assurant avec rigueur et ouverture d’esprit la formation initiale et continue de leurs étudiants et de nos médecins et pharmaciens, en leur donnant une vision moderne et critique, mais toujours humaniste et en lien avec les réalités de terrain, des connaissances dans tous les domaines utiles à la prise en charge de nos patients ».

Cet avis n’aura pas empêché, quelques heures plus tard, le vice-doyen de la faculté d’Angers de poster ce message sur les réseaux sociaux : « juste un petit mot pour vous annoncer que la Fac d'Angers supprime définitivement le DU d'homéopathie »…

* La Conférence des Présidents d’Université, la Conférence des Doyens des Facultés de Médecine et la Conférence des Doyens des Facultés de Pharmacie

Xavier Bataille

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Vos réactions (2)

  • Il est grand temps

    Le 10 septembre 2018

    Il est même étonnant que les facs de médecine aient pu enseigner cela sans broncher depuis tant d'années. La puissance des contestataires de la médecine moderne y est pour quelque chose, je pense. Les mêmes qui nous ont bourré les oreilles avec la psychanalyse et Lacan sans doûte, avec le résultat qu'on constate à long terme. Le besoin de croire de beaucoup a fait le reste et cette minorité agissante a réussi à imposer les enseignements d'une secte. Au secours Voltaire !

    Dr Claude Krzisch

  • "Assumer leur responsabilité universitaire" ?

    Le 11 septembre 2018

    En matière d'homéopathie, franchement, la question du remboursement est très secondaire.
    Il faudrait avoir l'honnêteté et le courage de poser d'abord la question de la légitimité médicale de cette pratique. La question est simplement de savoir s'il s'agit vraiment de médecine.

    Qu'il s'agisse de soin, c'est indéniable - comme pour de nombreuses autres pratiques magiques. Ce n'est pas pour autant une discipline médicale, c'est à dire un corpus de savoirs scientifiques et techniques méthodologiquement et réglementairement validés, pouvant faire l'objet d'un cursus universitaire débouchant sur un diplôme reconnu par l'Etat.

    Sans aller jusqu'à l'interdiction de ces métiers de soins "alternatifs" (je récuse formellement l'expression inacceptable de "médecine alternative"), il serait justifié de ne pas leur reconnaître un statut médical.
    Si l'Université veut enseigner "des connaissances dans tous les domaines utiles" (elle le doit en effet), il me semble que l'apprentissage du métier d'homéopathe (ou d'autres similaires) ne peut certainement pas faire partie de ses programmes.

    Dr Pierre Rimbaud

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