Des facteurs de risque bien spécifiques pour le cœur des femmes !

L’incidence des maladies cardiovasculaires a diminué chez les personnes de plus de 55 ans au cours des dernières décennies. Elle a stagné en revanche, ou même augmenté, chez les plus jeunes, et particulièrement chez les femmes. Si les femmes et les hommes ont de nombreux points communs en termes de facteurs de risque cardiovasculaire, il existe aussi des différences et l’on sait que certains facteurs, comme le tabagisme ou le diabète, ont plus d’impact chez les femmes. Mais il existe aussi des facteurs spécifiques aux femmes, souvent mal reconnus.

Parmi ceux-ci, les complications de la grossesse (pré-éclampsie, fausse-couches à répétition…) ou les problèmes relatifs à la fertilité, prédisposent les femmes à des pathologies cardiovasculaires. Par exemple, des modifications biochimiques comme une hypercholestéromie ou une hyperglycémie, peuvent persister plusieurs années après une hypertension gravidique.

Un chemin semé d’embûches sous l’ombrelle

Le British Medical Journal publie les résultats d’une « revue-ombrelle » (méta-analyse de revues et de méta-analyses) évaluant le lien entre les facteurs de risque spécifiques aux femmes et la survenue d’une pathologie cardiovasculaire. Les auteurs ont analysé ce lien pour les différentes méthodes contraceptives, pour les troubles du cycle, pour chaque complication possible de la grossesse, etc. Et force est de constater que, de la puberté à la ménopause, le chemin est semé d’embûches…

Il apparaît en effet une augmentation du risque de pathologies cardiovasculaires associée à l’utilisation de contraceptifs oraux combinés, notamment en cas de dyslipidémie ou d’hypertension, à l’utilisation d’œstrogènes chez les femmes migraineuses, à la présence d’un syndrome des ovaires polykystiques, de symptômes de ménopause ou encore à une puberté ou une ménopause précoce. Mais aussi un lien entre maladies cardiovasculaires et diabète ou hypertension gestationnels, fausse-couches, pré-éclampsie, naissance prématurée, etc. Fort heureusement, il existe malgré tout une planche de salut : il s’agit de l’allaitement prolongé, qui semble efficace pour réduire le risque cardiovasculaire.

De nombreux liens avec les fonctions reproductrices

En revanche, aucune association n’est montrée entre les pathologies cardiovasculaires et l’utilisation de contraceptifs exclusivement progestatifs, de contraceptifs hormonaux combinés non oraux, de traitements de la fertilité. Les données ne permettent pas de conclure quant au risque associé à l’utilisation de contraceptifs combinés oraux chez la femme en surpoids, ni pour l’endométriose, les pathologies pelviennes inflammatoires et l’anémie pendant la grossesse.

Si ces associations sont causales, elles peuvent alors expliquer l’excès de risque cardiovasculaire constaté chez les femmes. Identifier précocement ces facteurs de risque liés aux fonctions reproductrices de la femme permettrait de mettre en place des stratégies pour modifier le risque.

Dr Roseline Péluchon

Références
Okoth K et coll. : Association between the reproductive health of young women and cardiovascular disease in later life : umbrella review
BMJ 2020;371:m3502

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