Faire le choix de l’acide folique contre les bouffées de chaleur de la ménopause ?

Les trois quarts des femmes ménopausées souffrent de bouffées de chaleur, et la moitié d’entre elles consultent pour ce symptôme particulièrement pénible. Si le traitement hormonal substitutif est souverain dans ce domaine, les contre-indications à le prescrire sont claires et les réticences à le recevoir sont nombreuses.

Parmi les traitements non hormonaux proposés, on trouve l’acide folique pour lequel certaines études menées sur les rongeurs ont mis en évidence une activité anti-dépressive par l’intermédiaire d’une action sur les récepteurs noradrénergiques et sérotoninergiques. Quatre études ont suggéré une amélioration des bouffées de chaleur en post-ménopause avec l’acide folique, mais leur méthodologie était discutable.

Le but de cette étude était d’évaluer l’effet d’une supplémentation en acide folique sur les bouffées de chaleur.

Il s’agit d’une étude randomisée en double aveugle comparant les effets de l’acide folique à un placebo. Elle a été menée dans neuf hôpitaux anglais.

La population d’étude était composée de femmes ménopausées de 56 ans d’âge moyen présentant au moins 50 bouffées de chaleur par semaine.

Cent soixante-quatre femmes ont été randomisées : les unes recevaient 1 comprimé de 5 mg d’acide folique par jour pendant 12 semaines, les autres prenaient un placebo à la même posologie. Les patientes enregistraient quotidiennement la fréquence et la sévérité des bouffées de chaleur, et complétaient un questionnaire relatif à la qualité de vie (Utian QoL Scale) toutes les quatre semaines.

Pas de bénéfice significatif

Cent quarante-trois dossiers ont pu être pris en compte. L’évolution moyenne du Hot Flush Score après 12 semaines était de – 6,98 avec l’acide folique et – 4,57 avec le placebo. La différence entre les deux groupes était de – 2,41 (intervalle de confiance à 95 % IC95 : de – 5,68 à + 0,87 ; p = 0,149), et après ajustement de – 2,61 (IC95 : de – 5,72 à + 0,49 ; p = 0,098). Aucune différence n’a été notée en termes de fréquence ou de sévérité des symptômes.

En ce qui concerne l’évaluation de la qualité de vie, on a observé une amélioration à 8 semaines dans le groupe acide folique. La différence était de 5,22 (IC95 : 1,16 – 9,28) pour le score total, et de 1,88 (IC95 : 0,23 – 3 ,52) pour le score émotionnel. Mais cette différence disparaissait à 12 semaines.

L’étude n’a donc pas démontré que l’acide folique apporte un bénéfice significatif par rapport à un placebo dans la réduction des bouffées de chaleur après 12 semaines de traitement chez les femmes ménopausées.

Dr Charles Vangeenderhuysen

Référence
Ewies AAA et coll. : Folic acid supplementation in postmenopausal women with flushes: phase III randomised double-blind placebo-controlled trial. BJOG 128(12):2024-2033. DOI : 10.1111/1471-0528.16739

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