Identifier les barrières à la « gestion » de la douleur neuropathique

La douleur chronique suppose que les personnes qui en sont affectées autogère cette situation pour obtenir une bonne qualité de vie. Or, il existe des différences dans les types de douleur chronique. Ainsi, de 3,3 % à 17,9 % des adultes vivraient avec une douleur chronique ayant des caractéristiques de douleurs neuropathiques (DCCN). Ces patients décrivent souvent une douleur plus intense avec un plus grand handicap et une moindre qualité de vie que ceux souffrant de douleur chronique sans caractéristiques neuropathiques. Ces différences peuvent-elles être liées à des obstacles à l'autogestion en cas de DCCN ? 

Une vaste enquête

A partir d’une étude menée auprès de 8 000 Canadiens, choisis au hasard dans la communauté, a été constitué un échantillon (n = 710) de participants ayant signalé une douleur chronique. Le questionnaire Self-Report Leeds Assessment of NeuropathicSymptoms and Signs a été utilisé pour dépister d’éventuelles caractéristiques neuropathiques. L’évaluation des obstacles à l'autogestion comprenait quatre questionnaires: 1) sur l'auto-efficacité (Pain Self-Efficacity Questionnaire), 2) sur la dépression (Patient Health Questionnaire 9), 3) sur le soutien social et la relation avec le professionnel de santé (Chronic Illness Resources Survey) et 4) sur l'intensité de la douleur (échelle numérique 0-10). En outre, les participants avaient à nommer les facteurs qui, à leur avis, rendaient la gestion de la douleur plus facile ou plus difficile.

Faible auto-efficacité et dépression

Le manque de confiance en soi pour gérer la douleur était l'obstacle le plus souvent avancé par les deux groupes. Cependant, les participants présentant des douleurs à caractéristiques neuropathiques (n = 188) étaient plus susceptibles de rapporter une faible auto-efficacité que ceux sans caractéristiques neuropathiques (n = 522) (risque relatif [RR] = 2,1, intervalle de confiance à 95 % [IC] = 1,62-2,72). Ils étaient également davantage susceptibles de présenter une dépression (RR = 2,30, IC = 1,73-3,06). Les deux groupes ne se distinguaient pas pour le soutien social et la relation avec les professionnels de la santé, mais 40,8 % estimaient ne pas être considérés comme des partenaires égaux dans la prise de décision et l'établissement d'objectifs liés à leurs soins.

Pour soutenir « l’autogestion » de la douleur chronique, les professionnels de la santé devraient donc mieux partager la prise de décisions avec leurs patients, combattre le sentiment de manque d’efficacité et rechercher et prendre en charge une éventuelle dépression. 

1)  Version canadienne-française : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4391442/
2)  Version française : http://www.phqscreeners.com/sites/g/files/g10016261/f/201412/PHQ9_French_for_France.pdf

Cécile Michaud, inf., Ph. D.

Référence
Mann E G et coll. : What are the barriers and facilitators for the self-management of chronic pain with and without neuropathic characteristics? Pain Management Nursing 2017; 18: 295–308.

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