Les promesses d’un programme de gestion du diabète par les infirmières

Le nombre des personnes touchées par le diabète est passé de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014 et la prévalence mondiale du diabète chez les adultes de plus de 18 ans est passée de 4,7 % en 1980 à 8,5 % en 2014. (1)

Face à ce constat, les politiques de santé tentent de mettre en œuvre de nouvelles stratégies de contrôle de cette pathologie afin d’en ralentir l’évolution et retarder la survenue de complications.

Une étude chinoise prospective et randomisée s’est attachée à démontrer l’efficacité d’une prise en charge paramédicale personnalisée des patients atteints de diabète de type 2.

Menée en simple aveugle et multicentrique, ce travail a inclus des patients de plus de 18 ans, chez qui le diagnostic de diabète de type 2 avait été posé et qui avaient un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) supérieur à 7,5 % au cours des 6 derniers mois. Pour participer à cette étude, les patients devaient en outre être capable de se soumettre à un suivi téléphonique et de donner un consentement écrit.

Les critères d’exclusion étaient les suivants : être déjà inclus dans un programme d’éducation à la gestion du diabète, souffrir d’un cancer évolutif, de troubles cognitifs, psychiatriques, ou d’une maladie évolutive (Insuffisance rénale…).

L’âge moyen des patients était de 55 ans, la majorité était des hommes (74 %) et aucune différence significative entre les deux groupes lors de l’analyse des données sociodémographiques n’a été mise à jour.

Une meilleure observance du régime alimentaire et un meilleur suivi glycémique

Le principe de cette prise en charge personnalisée dont a bénéficié le groupe intervention reposait sur un suivi des patients durant une période de 6 semaines par une équipe d’infirmières spécifiquement formées et compétentes dans l’éducation thérapeutique appliquée au diabète.

Les infirmières animaient deux sessions de groupe (4-8 patients) hebdomadaires puis débutaient un suivi téléphonique auprès de chaque patient durant les 6 semaines.

Au final, même si les chiffres concernant les taux d’HbA1c ne diffèrent pas de manière significative, des effets significatifs ont été rapportés sur la gestion du régime alimentaire dès la 8ème semaine d’étude (p = 0,013) et le suivi glycémique à la 8ème (p = 0,009) et 20ème (p = 0,017) semaine.

Ce programme a donc permis une meilleure observance du régime alimentaire des patients diabétiques ainsi qu’un meilleur suivi des valeurs glycémiques de ces patients et on peut penser que ces effets positifs auront un impact vertueux sur l’évolution de la maladie diabétique des personnes ayant participé à cette étude.

(1) Mathers CD, LoncarD.Projections of global mortality and burden of disease from 2002 to 2030.PLoS Med, 2006, 3(11):e442.

Maxime Sassalle

Référence
Li Cheng et coll. : Effectiveness of a patient-centred, empowerment-based intervention programme among patients with poorly controlled type 2 diabetes : A randomised controlled trial. International journal of nursing studies 2018; 79: 43-51.

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Vos réactions (4)

  • Un nouvel exemple de l’interet des pratiques avancées paramédicales

    Le 15 janvier 2018

    Une nouvelle étude qui souligne l’interet du développement de professions intermédiaires et en particuliers d’infirmiers en pratiques avancées en France.

    Eloic Mégert (IDE)

  • Professions intermédiaires...

    Le 16 janvier 2018

    Attention aux mots employés... que voulez-vous dire par "professions intermédiaires ? Celles que la France a autorisé à exercer ?
    La Suisse s'y est cassé les dents. La Belgique s'en mord maintenant les doigts... Mais la France suit, toujours la première à reproduire ce qui n'a pas marché ailleurs sans tenir compte des bilans qui en sont fait...

    Pas besoin d'être prophète pour connaître le devenir de ces professionnels... et plus inquiétant celui des patients. Bien triste tout cela.

    C. Durand (IDE)

  • Gagnant, gagnant

    Le 16 janvier 2018

    "Pas besoin d'être prophète pour connaître le devenir de ces professionnels... et plus inquiétant celui des patients. Bien triste tout cela. " Pourquoi ?
    La pratique avancée est opérationnelle à l’étranger depuis déjà tres longtemps (60 ans aux USA) avec des résultats positifs probant en matière de sécurité des soins et de satisfaction des patients. En France nous sommes aux portes de la promulgation des décrets. Ce peut etre une des réponses aux problèmes de difficultés d’accès aux soins, avec un exercice approfondi dans le champ infirmier et une "avancée" dans le champ médical, par une activité dérogatoire (renouvellement, de tt de patient à maladie chronique, orientation, implication dans la recherche,innovation dans les pratiques...). Du gagnant gagnant pour tout le monde...

    Florence Ambrosino (IDE)

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