Psoriasis: de nouvelles recommandations

Pour aider les cliniciens à améliorer la qualité de vie des millions de personnes affectées par un psoriasis, l'American Academy of Dermatology (AAD) et la National Psoriasis Foundation (NPF) ont publié récemment de nouvelles recommandations. La première traite des co-morbidités associées à la maladie, incluant l'arthrite psoriasique, les maladies cardiovasculaires, le syndrome métabolique et les maladies chroniques inflammatoires de l'intestin. La seconde traite de l'utilisation des agents biologiques aujourd'hui à disposition pour le traitement du psoriasis modéré à sévère.

Les nouvelles recommandations AAD-NPF reprennent la prise en charge et le traitement du psoriasis avec une attention toute particulière sur les co-morbidités (1) des patients. Elles sont basées sur une recherche d'articles pertinents dans les banques de données PUBMED et MEDLINE sur la période de 1980 à 2017. Parmi les co-morbidités abordées, figure en bonne place l'arthrite psoriasique dont l'incidence atteindrait près de 30 % chez les patients qui présentent un psoriasis.

En particulier, les recommandations plaident pour une information du patient avec un psoriasis sur le risque d'association avec l'arthrite psoriasique (B), l'évaluation du patient psoriasique pour son risque de maladies cardiovasculaires, incluant l'hypertension, la dyslipidémie et le diabète de type 2. Un avis suivi par l'AHA et de l'American College of Cardiology qui viennent de décréter des maladies chroniques inflammatoires comme le psoriasis comme à haut risque de développement de maladies cardiovasculaires athérosclérotiques. Dans cette étude britannique incorporant 130.980 patients avec un psoriasis et 556.995 sujets contrôles, le taux d'infarctus aigus du myocarde est de 2 % pour les sujets contrôles et 2,9 % pour les patients avec un psoriasis sévère. L'incidence par 1 000 personnes-années est de 3,58 pour les contrôles, 4,04 pour les patients avec un psoriasis léger et 5,13 pour un psoriasis sévère.

Le traitement par agents biologiques

La seconde recommandation (2) publiée a trait au traitement du psoriasis par les agents biologiques. La même méthodologie de sélection des études a été utilisée que pour la première recommandation, en s'appuyant sur les banques de données PUBMED et MEDLINE sur la même période. Au total, 354 articles ont été sélectionnés en fonction de leur pertinence. Différentes classes d'agents biologiques sont considérées: les anti-TNF avec l'étanercept dans les différentes formes de psoriasis (unguéal, cuir chevelu, etc.), l'infliximab, le certolizumab et l'adalimumab.

Les recommandations fournissent également beaucoup d'informations sur les effets secondaires potentiels, la gestion des infections, la fréquence des consultations, le risque de cancer, le cas des patients co-infectés HIV, HBV ou HCV. Les inhibiteurs IL-12/IL-23 comme l'ustékinumab approuvé depuis 2009 sont abondamment documentés au même titre que les inhibiteurs d'IL-17, le sécukinumab approuvé depuis 2015, l'ixékizumab et le brodalumab. Enfin la classe des inhibiteurs IL-23 est décrite avec le guselkumab, le tildrakizumab et le risankizumab. La question des retraitements après un premier échec est également abordée avec une discussion sur l'opportunité de changer de classe thérapeutique en deuxième ligne.
 

Dr Claude Bièva

Références
1.Elmets CA et coll. : Joint AAD-NPF guidelines of care for the management and treatment of psoriasis with awareness and attention to comorbidities. J Am Acad Dermatol., 2019 ; 80 : 1073–1113. doi.org/10.1016/j.jaad.2018.11.058
2.Menter A, et coll. : Joint AAD-NPF guidelines of care for the management and treatment of psoriasis with biologics. J Am Acad Dermatol., 2019 ; 80 : 1029–1072. doi.org/10.1016/j.jaad.2018.11.057

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