Sur l’alimentation des jeunes patients souffrant de TSA

Les régimes alimentaires des enfants et adolescents avec des troubles du spectre de l’autisme (TSA) « diffèrent souvent de ceux de leurs pairs non autistes » rappellent dans Autism Research des praticiens exerçant à Parkville et à Sydney (en Australie). Ainsi, l’inclination des autistes à des goûts stéréotypés et à des comportements ritualisés (par exemple, attendre toujours, au même moment du repas, le même produit de la même marque, présenté avec le même emballage) compromet une bonne diversification des habitudes alimentaires.

Moindre diversité


Pour contribuer au débat sur ce thème, les auteurs ont réalisé une étude sur « la composition, la qualité, et la variété de l’alimentation » chez 154 enfants et adolescents avec TSA, comparativement à 213 enfants non autistes (71 frères et sœurs et 142 sujets-témoins, non apparentés), entre 2 et 18 ans. La méthodologie de cette recherche a permis notamment d’évaluer l’influence des formes cliniques (de TSA) sur l’indice de masse corporelle (IMC).

On constate globalement que les enfants du groupe TSA consomment une variété limitée et une qualité inférieure d’aliments et que leurs frères et sœurs non autistes mangent également des niveaux comparativement plus élevés d’aliments riches en énergie et pauvres en nutriments. Ces tendances pourraient être liées soit directement à des caractéristiques (génétiques ou culturelles ?) en rapport avec les TSA susceptibles d’influencer les régimes alimentaires de la famille, soit indirectement à des sensibilités sensorielles partagées orientant les préférences alimentaires.

Et au sein du groupe TSA, des traits autistiques plus élevés sont associés à un IMC plus faible et à un régime alimentaire spécifique plus riche en sucres simples et plus faible en protéines non transformées. À l’inverse, les auteurs observent qu’une plus grande sensibilité aux stimuli sensoriels « est associée à une alimentation plus saine. »

Intervention de plusieurs facteurs modifiables ou non


L’avancée en âge est marquée par des régimes alimentaires plus variés, mais aussi par des régimes plus riches en graisses saturées, en aliments riches en énergie et pauvres en nutriments. Cette étude contribue à éclairer les médiateurs potentiels de l’apport alimentaire, comme les influences, les traits autistiques, les types de traitement sensoriel, l’âge et le sexe, autant de facteurs (modifiables ou non) à prendre en compte pour une meilleure connaissance du régime alimentaire des personnes avec TSA.

Dr Alain Cohen

Référence
Mathew NE et coll.: Dietary intake in children on the autism spectrum is altered and linked to differences in autistic traits and sensory processing styles. Autism Research, 2022 15, (10): 1824–1839. doi: 10.1002/aur.2798.

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