France : enfin une baisse franche de l’épidémie ?

Paris, le vendredi 7 mai 2021 – Après des semaines de stabilisation puis de timide décrue, la France semble entrée dans une phase de reflux net de l’épidémie de Covid et peut entrevoir la fin de la troisième vague.

Bientôt le décrochage ?

Ainsi, en 17e semaine de 2021 (du 26 avril au 2 mai), on observait « une diminution de l’ensemble des indicateurs » comme le notent les épidémiologistes de Santé Publique France (SPF) (tableau).

Tableau : indicateurs hebdomadaires en semaine 17 (du 26 avril au 02 mai 2021)


Cependant, la diffusion du virus reste plus importante qu’à la fin du 2eme confinement (figure 1).

Figure 1 : nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine (date de prélèvement) rapportés à Santé publique France du 11 mai 2020 au 02 mai 2021, France (données au 05 mai 2021) 


Certains indicateurs laissent néanmoins entrevoir un décrochage fort de l’épidémie dans les semaines à venir. Ainsi on assiste à un effondrement du taux d’incidence des cas d’infection respiratoire aiguë vus en médecine générale (figure 1) et une forte baisse des R effectifs qui traduisent la dynamique de l’épidémie (figure 2 et 3).

Figure 2 : taux d’incidence (/100 000 habitants) des cas d’infection respiratoire aiguë (IRA) vus en médecine générale, par semaine, depuis la semaine 12-2020 (du 16 au 22 mars), France métropolitaine


Figure 3 : trajectoire du nombre de reproduction effectif (R-effectif) à partir des tests positifs au SARS-CoV-2 (SI-DEP), des passages aux urgences avec suspicion de COVID-19 (OSCOUR®) et des hospitalisations pour COVID-19 (SI-VIC), du 15 mars 2020 au 02 mai 2021, France métropolitaine


Notons également que les variants non-britanniques, redoutés du fait du risque d’échappement immunitaire, restent marginaux dans l’hexagone (5,5 % des cas).

A contrario, la pression hospitalière reste très forte, bien supérieure à celle constatée après les deux premiers confinements…et même supérieure à celle du début de ce « confinement » !

Cette amélioration épidémiologique globale cache cependant, de fortes disparités régionales. Le taux d’incidence est ainsi au-dessus du seuil de 250/100 000 habitants dans 27 départements (52 en S16). Les taux d’incidence les plus élevés étaient observés dans les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne (421), du Val-d’Oise (390), de l’Essonne (372), de la Seine-et-Marne (366), de Paris (350), des Bouches-du-Rhône (335) et de l’Oise (333). Le taux de positivité était supérieur ou égal à 10 % dans sept départements en S17 (46 en S16) : Seine-Saint-Denis (11,9 %), Essonne (11,6 %), Seine-et-Marne (11,3 %), Val-d’Oise et Haute-Loire (11,1 %), Val-de-Marne (10,5 %) et Oise (10,3 %).

Pourtant, l’idée, évoquée à chaque fin de confinement, d’une sortie de crise territorialisée, semble encore avoir été écartée…

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Fin de l'épidémie

    Le 07 mai 2021

    Avec près de 6 millions de cas positifs depuis le début de l'épidémie et 15 millions de vaccinés, on peut penser que la sortie de cette 3ème vague sera forcément différente de ce qu'on a observé à l'été et en décembre. Nos géniaux prévisionnistes ont, je l'espère, intégré cette donnée dans leurs logiciels, même si la résistance aux vaccins de certains variants (heureusement très peu fréquents pour l'instant en France) a tempéré les espoirs dans certains pays (Seychelles par exemple).

    Dominique Jaubert

Réagir à cet article