Grand débat : les infirmières plébiscitent un accès direct aux soins infirmiers

Paris, le lundi 11 mars 2019 – Alors que le Grand débat national touche à sa fin, la FNI (Fédération nationale des infirmiers) dévoile les propositions qu’elle a colligées au cours d’une consultation en ligne initiée le 23 janvier dernier.

Ainsi de 7 876 réponses et 1 463 contributions (à rapporter aux 116 800 infirmières libérales réparties dans 48 700 cabinets), elle a tiré dix propositions.

Il apparaît que le souci majeur des infirmiers libéraux est de permettre un accès direct des patients aux soins infirmiers de ville. Ils proposent ainsi d’instaurer une consultation infirmière de première ligne qui pourrait « prendre en charge les affections bénignes et orienter directement, si besoin, le patient vers le médecin, le spécialiste ou le centre de plaies ».

Ce type de consultation « directe » serait également généralisé et systématisé pour tout « nouveau patient fragile, chronique, poly-pathologique ». Pour la FNI, cela « permettrait une meilleure prise en charge clinique génératrice d’économies de dépenses de santé grâce aux soins et aux hospitalisations évitées ».

Autre compétence à élargir pour les participants à ce grand débat des IDEL : le droit de prescription aujourd’hui très restreint. Ils proposent notamment de donner la possibilité aux IDEL de prescrire certains examens biologiques, en particulier pour le suivi des patients insulino-dépendants.

Dans le même esprit, les IDEL demandent à être davantage associés à la permanence des soins avec des modalités de rémunération révisées.

Reste à savoir ce qu’en penseront les médecins généralistes qui s’ils se montrent parfois réticents face aux transferts de tâches et de compétences (comme le montrent leur désapprobation actuelle vis-à-vis de la prescription pharmaceutique) pourraient être pour certains favorables à un élargissement de l’accès direct à certains professionnels, qui est une des idées défendues par les signataires d’une pétition destinée à améliorer les conditions de travail des généralistes dans le but de leur permettre de se recentrer sur leurs missions essentielles.

Pour connaître toutes les propositions du grand débat des IDEL :  https://www.fni.fr/grand-debat-national-les-propositions-des-idel/

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Manque le diagnostic !

    Le 11 mars 2019

    Peut-on trouver sujet plus exposé à controverse que celui-ci?
    Il me semble que non et pour de pourtant évidentes raisons. J'entends cette revendication régulièrement et de plus en plus émanant des formations syndicales des Infirmiers-es mais aussi des Kinésithérapeutes, mes consoeurs-confrères, comme si ça devait couler de source.
    Mais, pour l'essentiel, c'est une hérésie.

    Au fur et à mesure que nous progressons dans le niveau d'études et même si nous accomplissons des formations complémentaires de type universitaire, l'ensemble ne nous apporte absolument pas les connaissances NOSOLOGIQUES et SÉMIOLOGIQUES pour satisfaire à l'élément primordial qui préside à toute "prise en charge directe" débouchant sur une décision de traitement (ou pas): le DIAGNOSTIC.
    Or, sans capacité reconnue pour établir un diagnostic, qui pourra décider qu'il s'agit de "bobologie" ou de pathologie, d'une "affection bénigne" ne dissimulant nulle autre "vacherie" derrière des signes discrets ou d'un vrai problème? Au nom de quelle compétence, normalement acquise dans tout un cursus de doctorat en Médecine, un ou une auxiliaire médicale pourra-t-il (elle)trancher?

    Certes, nous pouvons sans doute revendiquer des "extensions d'actes" et plus encore pour celles et ceux qui iront vers les "pratiques avancées" mais il y aura toujours une limite incontournable et juridique et le simple fait d'entendre évoquer : « prendre en charge les affections bénignes et orienter directement, si besoin, le patient vers le médecin, le spécialiste ou le centre de plaies » montre à l'évidence les limites de la proposition en évoquant des situations déjà existantes ici ou là, sans systématisation mais où il ne nous est demandé, en aucun cas à ma connaissance, de trancher en qualifiant définitivement une pathologie de "bénigne", ce qui serait un diagnostic.
    De toute manière, j'ai beaucoup de mal à imaginer la MACSF (ou l'une autre quelconque de nos assurances professionnelles), bénissant ce soudain transfert de compétences que, pour l'instant, on appelle encore "Exercice illégal" et je plains d'avance l'un ou l'une d'entre nous qui aura minimisé une pathologie vicieuse qui cachait autre chose qu'une "bobologie".

    Spécialisé en Kiné Respiratoire, il m'est arrivé de voir débarquer dans mon cabinet, des pathologies pédiatriques "saisonnières" qui avaient masqué une dystrophie trachéo-bronchique ou une coarctation aortique jusque là inconnues mais dont les symptômes ont montré le bout de l'oreille pendant le bilan respiratoire ou les manœuvres de désencombrement. Donc: retour chez le médecin et modification de prise en charge.

    H.Tilly (IDE, MKDE)

Réagir à cet article