Inclusion des enfants handicapés à l’école : une année tremplin

Paris, le jeudi 30 août 2018 – Les cartables qui avaient été facilement oubliés au début du mois de juillet se refont une beauté. Dépoussiérés, nettoyés et remplis de crayons bien taillés, ils attendent patiemment lundi matin de pouvoir reprendre du service. Si pour tous les enfants, une rentrée est synonyme de saut grisant (et un peu inquiétant) dans l’inconnu, pour ceux atteints d’un handicap moteur et plus encore mental et psychique le cap est plus difficile à franchir. Des efforts considérables ont néanmoins été réalisés ces dernières années. A la rentrée 2016, dans les premier et second degrés, 300 753 élèves handicapés (contre 90 000 en 1998) étaient inclus dans le système scolaire, que ce soit dans le cadre d’intégrations individuelles simples (soit près des deux tiers) ou au sein d’unités localisées pour l’inclusion scolaire (un tiers). L’ouverture de nouvelles structures et l’embauche de milliers d’assistants de vie scolaire ont rendu possible cette évolution.

Des effectifs renforcés grâce à un assouplissement des recrutements

Des difficultés persistent cependant. Chaque rentrée connaît son lot d’histoires douloureuses d’enfants n’ayant pas pu trouver d’école (en dépit des obligations qui pèsent sur les directeurs) ou d’assistant de vie scolaire (AVS) manquant à l’appel. Par ailleurs, certaines "intégrations" ne sont que partielles, tandis que les aménagements ne sont pas toujours optimaux pour ceux qui souffrent de problèmes de locomotion. Face à cette situation, le gouvernement a affiché sa détermination. Pour atteindre cet objectif, l’année 2018 fait figure de tremplin. C’est en effet après la rentrée, en septembre, qu’une grande concertation sera lancée avec pour objectif de « rénover le dispositif d'accompagnement des élèves en situation de handicap dès septembre 2019 ». Trois lignes directrices animeront cette réforme : l’amélioration de la qualité de la scolarisation des élèves, la reconnaissance des accompagnants et l’expérimentation des pôles inclusifs d’accompagnement localisés. La préparation de cette réforme ne signifie pas que des efforts importants n’ont pas été engagés pour cette rentrée 2018. Grâce à des assouplissements significatifs des modes de recrutement de ceux que l’on appelle désormais les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), 10 900 accompagnants supplémentaires seront disponibles s'ajoutant aux 30 000 Parcours emploi compétence (soit plus de 3 000 ETP). Au-delà de ces effectifs renforcés, la rentrée connaîtra quelques innovations attendues dont l’inauguration d’un pôle d’enseignement pour les jeunes sourds dans chaque académie.

Suivez le manuel

Concernant la scolarisation des jeunes enfants présentant un trouble du spectre autistique, pour lesquels les situations peuvent être les plus complexes et les plus délicates, cinq premières unités d’enseignement élémentaire autisme vont être expérimentées dès cette rentrée à Versailles, Toulouse, Rouen, Amiens et Lyon. Ces différentes structures ne devront cependant pas éluder le besoin crucial d’une meilleure formation et sensibilisation des personnels enseignants au handicap et plus particulièrement à l’autisme. Une alerte lancée l’année dernière par un syndicat de professeurs en Ile de France avait mis en évidence l’impuissance d’une partie des enseignants face aux besoins "particuliers" de certains enfants. En la matière, le gouvernement met en place des plateformes proposant des outils pédagogiques, en cours de développement.

Des initiatives individuelles sont également à louer, tels les manuels dédiés à l’autisme établis par le dessinateur Peter Patfawl. Ces brochures illustrées de dessins humoristiques se veulent des outils ludiques (mais pédagogiques) pour aider tous ceux qui peuvent être en contact avec un enfant souffrant d’autisme (baby sitter, enseignant, camarade). Son prochain manuel « Comment comprendre mon copain autiste » qui doit sortir le 4 octobre est une véritable arme contre le risque de harcèlement scolaire qui menace plus certainement les jeunes élèves autistes. Car qui dit inclusion scolaire, dit également intégration dans une camaraderie.

Aurélie Haroche

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