Officine : jusqu’ici tout va bien !

Paris, le mardi 17 mai 2022 - Selon des données communiquées par la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), l’activité des officines est en forte hausse au premier trimestre 2022 par rapport au trimestre homologue de 2021 : + 13,7 % pour le chiffre d’affaires total du réseau des pharmacies, + 7,6 % sur le médicament remboursable (marge de dispensation), + 3,6 % sur les honoraires de délivrance, + 11,7 % sur les médicaments non remboursables, + 1,8 % sur la LPP (dispositifs médicaux remboursables), + 11,5 % sur le non remboursable et… + 267,7 % sur les missions Covid-19. La progression de cette dernière activité tire vers le haut la marge sur le remboursable qui enregistre sur le premier trimestre 2022 une croissance à deux chiffres (+ 38,7 %).

Philippe Besset, président de la FSPF observe, auprès du Moniteur des pharmacies : « cette très forte activité des officines a eu des impacts importants en termes de fatigue des titulaires et des équipes officinales. Par ailleurs, les officines qui ne sont pas en capacité de tester et de vacciner n’ont pas bénéficié de ces évolutions ».

Ces nouvelles exceptionnelles ont été contrariées par l’annonce de baisses du prix des médicaments génériques qui seront officialisées cette semaine par le Comité économique des produits de santé (CEPS).

Le GEEME (organisation qui regroupe 23 entreprises du médicament) boycotte même désormais les réunions du CEPS : « cette décision a fini par s’imposer car la situation actuelle est telle que les membres du GEMME et leurs façonniers ne peuvent plus faire face à de nouvelles baisses de prix » explique Stéphane Joly, président du GEMME, dans un communiqué.

« Alors que le prix moyen d’une boîte de médicaments génériques est de 3,94 euros (pour en moyenne 30 comprimés), absorber ces hausses devient une véritable gageure », s’alarme-t-il encore.

Philippe Besset et le LEEM, ont, eux aussi, interpellé le CEPS « J'ai dit au président du CEPS qu'il était impossible de continuer la fixation des prix et les méthodes de régulation de l'ONDAM en période d'inflation », indique le président de la FSPF au Quotidien du pharmacien. « Tout augmente, notamment les matières premières et nos salariés ont également besoin de revalorisations… On ne peut pas supporter de baisses de prix » prévient-il, malgré les bons résultats évoqués plus haut.

Emmanuel Haussy

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Vos réactions (1)

  • Tout va bien mais...

    Le 17 mai 2022

    ...mais l'inflation et le duo infernal CEPS et Assurance maladie vont y mettre fin rapidement. Non pas par le blocage des prix, que beaucoup réclament en France, mais, plus fort encore, par la diminution des prix ! Eh oui, ces organismes ont le droit, et ils ne s'en privent pas, d'imposer aux generiqueurs et aux officinaux ce qu'ils veulent. Il y a des mécanismes prévus pour limiter les dégâts....sauf quand on décide de ne pas les respecter. Et comme on nous a prié, pour compenser, de remplir de nouvelles missions en échange d'honoraires à prix fixe et jamais révisés, ceci ne compensant pas cela, l’économie du réseau s'enfonce dans une situation ubuesque: l'activité et le chiffre d'affaires montent, comme écrit dans l'article et la marge maigrit quand même !

    Maignan (Pharmacien)

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