Trois ans après le confinement, où en est la France post-Covid ?

Paris, le mercredi 15 mars 2023 – Trois ans après le premier confinement, l’épidémie est au plus bas en France et dans le monde.

« Nous sommes en guerre ». Par cette simple phrase désormais célèbre, prononcée dans un discours historique le 16 mars 2020, Emmanuel Macron faisait entrer la France dans une nouvelle ère, celle de la Covid-19 et de restrictions de liberté sans précédent. Trois ans après ce qui fut un véritable choc pour des millions de Français, les confinements, couvre-feu et autre passe vaccinal ne semblent plus qu’un lointain et mauvais souvenir. Malgré plus de 165 000 morts et des millions de contaminés, les Français ont semble-t-il rapidement tourné la page et retrouvé leur vie d’avant.

Les dernières traces de l’ère Covid-19 s’effacent lentement mais surement. Depuis le 1er mars dernier, les tests Covid-19 ne sont plus gratuits (sauf pour les moins de 15 ans et les plus de 65 ans) et sont rentrés dans le droit commun du remboursement. Les quelques établissements hospitaliers qui continuaient d’imposer le port du masque à leurs personnels et usagers lâchent du lest, à l’image du CHU de Lille, où le port du masque n’est plus obligatoire à l’exception d’une poignée de services. Le 20 février dernier, dans un avis non-définitif, la Haute Autorité de Santé (HAS) a ouvert la porte à la réintégration des soignants non-vaccinés.

Si la Covid-19 continue de circuler (environ 4 000 personnes sont testées positives chaque jour et ce malgré une baisse importante du nombre de tests réalisés), ses conséquences sanitaires sont de plus en plus faibles. Depuis le 1er février dernier, environ 1 000 personnes sont décédés de la Covid-19 en France. Par comparaison, en avril 2020 lors de la première vague, ce sont plus de 1 200 individus qui étaient emportés par la maladie chaque jour.

2 millions de Français souffriraient d’un Covid long

La même tendance s’observe dans le reste du monde. On ne compte sur la planète (hors Chine où les chiffres ne sont pas fiables) que 600 morts par jour officiellement, contre plus de 15 000 au pic de l’épidémie en janvier 2021. Même dans les très prudents pays asiatiques, les autorités commencent à lâcher du lest. Au Japon, le port du masque n’est plus recommandé dans les lieux fermés depuis ce lundi. Idem en Corée du Sud, où le port obligatoire du masque dans les transports en commun sera levé lundi prochain.

En Chine, où le gouvernement communiste a appliqué pendant près de trois ans une politique zéro-Covid particulièrement stricte et brutale, les frontières vont être rouvertes aux touristes à compter de ce mercredi. La situation sanitaire y est par ailleurs toujours aussi confuse. Si selon les autorités, environ 80 000 personnes sont mortes depuis la levée des restrictions début décembre, selon les épidémiologistes ce sont probablement des centaines de milliers, peut-être même des millions de Chinois qui ont perdu la vie.

En France et dans le monde entier, les scientifiques s’intéressent désormais aux conséquences sanitaires à long terme de l’épidémie. Ce mercredi marque d’ailleurs la toute première journée internationale de sensibilisation au Covid long. En France, on estime qu’environ 2 millions de personnes souffriraient de symptômes persistants de la maladie, plusieurs mois voire années après l’avoir contracté. Les mécanismes de cette nouvelle maladie sont encore méconnus et il n’existe aucun traitement autre que symptomatique. De nombreux patients sont en errance thérapeutique et des associations reprochent aux autorités de ne pas se saisir suffisamment de la question. Alors que la loi du 24 janvier 2022 avait prévu la création d’une plate-forme de recensement des cas, les décrets d’application n’ont toujours pas été pris.

Bientôt une dixième vague ?

Autre problème de santé publique à long terme à prendre en compte, celui de la hausse des troubles psychiatriques, notamment chez les jeunes. Plusieurs études ont montré que les restrictions de liberté et l’angoisse liée à la pandémie ont fortement affecté la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes. Dernière étude en date, celle publiée par Santé Publique France début février qui montre que 21 % des 18-24 ans déclarent avoir connu un épisode dépressif caractérisé (EDC) en 2021 contre seulement 12 % en 2015. Un phénomène mondial, puisque l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait était d’une augmentation de 25 % des cas de troubles dépressifs dans le monde en 2020.

Si la Covid-19 en elle-même n’est donc plus une question de santé publique majeure, rappelons qu’une dixième vague peut rapidement arriver. Ces sept derniers jours, le nombre de contaminations (+ 45 %) et d’admissions de patients positifs à l’hôpital (+ 16 %) ont augmenté, sans atteindre pour le moment des niveaux alarmants. La HAS a d’ores et déjà demandé que soit préparé une nouvelle campagne de vaccination de rappel pour les personnes fragiles à l’automne prochain.

Quentin Haroche

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Vos réactions (2)

  • "Tourner la page et retrouver la vie d'avant": pas pour tout le monde...

    Le 19 mars 2023

    Vous "oubliez" de parler des nombreux et graves effets secondaires dus à l'injection "quasi obligatoire" anti-covid. Les langues commencent à se délier et les chiffres à parler.
    On s'aperçoit que les statistiques de l'HAS sont très largement minimisées par rapport à l'ampleur des dégâts causés par ces injections. Nous ne sommes pas au bout des révélations à ce sujet.
    N'oublions pas aussi la détresse (toujours actuelle) des soignants suspendus.
    Le virus n'était pas l'élément le plus dangereux de cette crise sanitaire!

    Donc non, la page n'est pas tournée !

    Christophe Decrion

  • Covid long ?

    Le 21 mars 2023

    Disons plutôt que deux millions de personnes lui attribuent désormais leur souffrance.
    Ne désespérons pas pour autant, cette étiologie s'étiolera bientôt au profit d'une nouvelle mode médiatique pour expliquer l'inexplicable. Ce ne sont pas les causes illusoires qui manquent. Ni les patients en détresse.

    Dr Pierre Rimbaud
    PS. A propos de "détresse", celle des refuzniks de la vaccination est plus simple à guérir : il leur suffirait de respecter la réglementation.

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