Vaccination obligatoire : des sanctions pour les soignants récalcitrants

On parlait jusqu’alors de pression hospitalière, désormais la pression est sur les agents hospitaliers. Lors de son allocution solennelle du 12 juillet, le président de la République a annoncé que la vaccination contre la Covid-19 sera rendue obligatoire « pour les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation de handicap » mais aussi « pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes âgées ou fragiles y compris à domicile ».

Après plusieurs jours de concertation, notamment avec les syndicats, le gouvernement a donc tranché. Il faut dire que les statistiques de vaccination chez les professionnels de santé sont loin d’être satisfaisantes. Au 5 juillet, 60,2 % des professionnels en Ehpad et USLD (Unités de soins de longue durée) avaient reçu au moins une dose de vaccin, et 49,1 % étaient totalement vaccinés. Un chiffre qui monte à 80,3 % chez les personnels soignants libéraux (74,9 % complètement vaccinés) et à 63,5 % chez les professionnels en établissements de santé (41,9 % complètement vaccinés).

Pas de vaccin, pas de salaire

Une ligne a été fixée par le président de la République. Les soignants auront jusqu’au 15 septembre pour être vaccinés (c’est-à-dire avoir bénéficié d’un schéma vaccinal complet). Interrogé par LCI dans la foulée de l’intervention, le Ministre de la Santé Olivier Véran a affiché la couleur en exposant les sanctions auxquelles s’exposeraient les éventuels contrevenants : « à partir du 15 septembre, si vous êtes soignant et que vous n'êtes pas vacciné, vous ne pourrez plus travailler et vous ne serez plus payé. »

Pas de temps à perdre donc pour les professionnels de santé, les soignants étant invités à se faire vacciner « dès ce soir, dès demain ».

S’agissant de la question des contrôles, le ministre a également précisé que les employeurs - agences régionales de santé, directions d'établissements, assurance maladie – « seront habilités à effectuer des contrôles comme ça existe déjà dans le droit commun pour d'autres maladies, notamment l'hépatite B ».

Sanctions graduées jusqu’au licenciement ?

Le ministre de la Santé ainsi que la ministre du Travail Élisabeth Borne, interrogée ce mardi matin sur LCI, ont donné davantage de précisions sur le régime des sanctions envisagées. A ce stade, une « suspension du contrat de travail » sera prévue dans le projet de loi pour les soignants et professionnels non vaccinés au 15 septembre, qui ne seront donc plus rémunérés. La durée de la suspension sera précisée dans le projet de loi et fera l’objet d’un examen attentif par le Conseil Constitutionnel. D’après L’Express, elle devrait durer entre un mois et un mois et demi, le temps qu'ils se fassent vacciner.

Si la personne n'a alors pas fait la démarche, une mise à pied voire un licenciement seront possibles.  

Division syndicale

Si les caméras se tournent d’avantage sur les réfractaires les plus bruyants à la vaccination, il faut constater que de nombreuses organisations applaudissent la mesure prise par le gouvernement. Le Synerpa (fédération d'Ehpad privés) « accueille avec satisfaction la décision du Président de la République ». De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) « salue les décisions courageuses du gouvernement ».

Mais chez certains soignants, la menace de grève est brandie pour éviter à tout prix d’affronter l’injection. Interrogés par France Info, des récalcitrants « réfléchissent à une grève des examens ». D’autres affichent une certaine résignation : « on subit, mais on sera obligé, on a une famille à nourrir, on a besoin de travailler », reconnaît un soignant anonyme.
 
En Italie, depuis la mise en place de l’obligation vaccinale, plus de 98 % des soignants ont reçu au moins une dose de vaccin, 72 % ont été totalement vaccinés.

C.H.

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Vos réactions (60)

  • Attention aux réactions

    Le 13 juillet 2021

    Les soignants qui ne souhaitent pas se faire "vacciner" peuvent toujours abandonner leur poste, ils seront alors licenciés de fait avec le droit aux indemnités chômage; ils peuvent aussi négocier une rupture de contrat avec les mêmes avantages. Après leur avoir beaucoup demandé, après les avoir privés de matériel (réquisition des masques dans certains Ehpad par l'ARS) on les traite en coupables potentiels et ce n'est pas correct. Ils sont indispensables et rares, ils le savent et il méritent un meilleur traitement et davantage de respect. Est ce bien nécessaire d'en arriver là au vu des chiffres actuels de l'épidémie?
    Dr Levry

  • Le gouvernement ne se soucie pas de l'humain

    Le 13 juillet 2021

    Comme quoi le gouvernement s'en fiche bien de l'humain et des citoyens.

    J'espère que les soignants puissent trouver un autre emploi en reconversion.
    Que les établissements soient désertés par les professionnels. Comme ça les médecins ayant prôné haut et fort cette vaccination, pourront faire toutes les taches ingrates...
    D'ailleurs si il y a une charrette de licenciement et /ou de démissions ça arrangera les politiques pour mieux fermer des lits...

    Philippe B.

  • A quand la désertification des IDEL?

    Le 13 juillet 2021

    Marre que l4on traite les soignant(e)s comme des PESTIFERE(E)S.
    On nous a envoyé gérer les patients COVID sans matériel lors de la 1ere pandémie ; alors que même certains médecins renaclaient à faire les visites à domicile, les BRAVES INFIRMIERES LIBERALES ET AUXILIAIRES DE VIE étaient présentes chez ces patients.
    Je ne fais jamais le vaccin de la grippe , j'ai était COVID+ symptomatiques et EN RESPECTANT LES REGLES D HYGIENE ELEMENTAIRE (masque et lavage de mains) mes patients n'ont jamais étaient infectés même lorsque que je faisais une double tournée pour les patients COVID à domicile.
    IL Y A 100 POSTES INFIRMIERS VACANTS AU CHU DE NANCY... A QUAND LA DESERTIFICATION DES IDEL ?

    S.O. IDEL

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