Brigitte Bourguignon sera-t-elle la ministre de l’euthanasie et du suicide assisté ?

Paris, le mardi 24 mai 2022 - Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s'est engagé à organiser une convention citoyenne sur la fin de vie et l'euthanasie. Cette convention serait chargée de trancher la question de l’euthanasie en France. Au cours d’un déplacement en Charente-Maritime le Président avait même déclaré être favorable au modèle Belge. Dans ce contexte, la nomination de Brigitte Bourguignon à l’avenue de Ségur inquiète certains professionnels des soins palliatifs et les opposants à l’euthanasie.

Brigitte Bourguignon avait en effet été un soutien et une proche de Marie Humbert, figure de la lutte pour la légalisation de l'euthanasie qui avait aidé son fils Vincent à mourir.

En septembre 2017, Brigitte Bourguignon avait déposé avec Jean-Louis Touraine une proposition de loi visant à légaliser « l’assistance médicalisée active à mourir ».

Le texte (qui n’a pas été adopté) prévoyait que « toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable, peut demander, dans les conditions prévues au présent titre, à bénéficier d’une assistance médicalisée active à mourir ».

Des soins palliatifs avant toute chose ?

Brigitte Bourguignon estimait aussi en 2018 que « d’un point de vue législatif, (…) il ne manque pas grand-chose. On a déjà accepté la sédation totale mais certains cas peuvent demander une aide plus active ».

Notons qu’a contrario, Damien Abad, actuel ministre de l’autonomie et ancien président du groupe Les Républicains à l’Assemblée, a signé à plusieurs reprises des textes en faveur du développement des soins palliatifs.

Concernant les projets de Convention citoyenne sur la fin de vie, la SFAP (Société Française de Soins et d'Accompagnement palliatif) a fait part à la nouvelle ministre de sa disponibilité pour travailler avec le Gouvernement.

Mais pour ces médecins, il faudra avant toute chose que ces discussions aboutissent à ce que tous les patients puissent bénéficier « des mêmes chances, y compris pour la prise en charge palliative et le soulagement des souffrances en fin de vie. L’égalité d’accès et la lutte contre toutes les pertes de chance doivent être nos priorités absolues au cours des prochains mois » estime le Dr Claire Fourcade, Présidente de la SFAP.

Gabriel Poteau

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (5)

  • Au risque de me répéter

    Le 25 mai 2022

    Ministre de l'euthanasie ? Sûrement : elle doit avant tout missionner la HAS !
    Ce n'est pas vraiment un problème légal à partir du moment où les recommandations professionnelles sont claires.

    Ministre du suicide ? Sûrement pas. Il ne s'agit pas d'une pratique médicale.
    Le statut du suicide est une question sociétale globale, avec de nombreux aspects et conséquences légales sur lesquelles c'est au législateur de prendre position.

    Dr Pierre Rimbaud

  • Espoir

    Le 28 mai 2022

    Reste à espérer, en amont, que la faillite structurelle puis conjoncturelle du système hospitalier ne viennent pas acutiser la question de soins devenus palliatifs.
    Que des patients non réanimatoires chez eux, le deviennent lors ou après leur arrivée.

    Dr JP Bonnet, PH

  • Hors sujet

    Le 29 mai 2022

    Le problème actuel n'est vraiment pas là !

    Dr Astrid Wilk

Voir toutes les réactions (5)

Réagir à cet article