Baisser la vitesse pour baisser la mortalité : n’allons pas trop vite

Paris, le mardi 9 janvier 2018 – Certes, la décision d’Edouard Philippe de baisser la vitesse sur les routes nationales bidirectionnelles sans séparateur central de 90 km/h à 80 km/h est à saluer pour l’objectif escompté : celui de sauver des vies. Il est aussi incontestable qu’un véhicule qui roule moins vite s’arrête plus facilement et heurte moins violemment l’obstacle ! Néanmoins, la corrélation entre baisse de vitesse maximale autorisée (VMA) et diminution de la mortalité demeure discutée.

Ainsi, si les estimations du délégué interministériel à la sécurité routière tablent sur une diminution de 200 à 400 du nombre de tués sur les routes grâce à cette mesure, il apparaît que certaines données pourraient contredire ces espérances.

Expérience française : flou concernant les accidents

En France, depuis le 1er juillet 2015, une expérimentation de baisse de 10 km/h de la VMA a été lancée sur certaines nationales.

Il serait apparu « une nette diminution des vitesses moyennes » (entre 2 et 9 km/h) et pas d’augmentations des bouchons. Mais, concernant l’accidentalité, les conclusions demeurent floues : « si les données d’accidentalité disponibles ont marqué une tendance positive, la période considérée et le nombre de kilomètres concernés sont cependant trop réduits pour pouvoir en tirer des conclusions définitives, cinq années étant le délai scientifique retenu dans ce type d’études » rapporte ainsi le rapport gouvernemental sur la question. 

Le contre-exemple danois

En outre, le modèle danois apporte un éclairage contre-intuitif.

Ainsi, au Danemark, la vitesse a été relevée sur une quinzaine de tronçons ces cinq dernières années, et le nombre d'accidents y a diminué, comme sur l'ensemble du réseau…Bien sûr on ne saurait conclure que la hausse de vitesse réduit les accidents ! Soulignons en effet que l’augmentation de la VMA s’est ici accompagnée de la multiplication des bandes sonores et anti-somnolence, des glissières de sécurité et d’une amélioration globale des voiries. Mais de tels « grands travaux » n’ont évidemment pas le même type de retentissement sur les finances publiques…

F.H.

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