De plus en plus de femmes publient dans les revues de médecine d’Urgence

Il est un fait non contestable : les auteurs dans la littérature médicale toutes spécialités confondues sont encore plus souvent des hommes que des femmes. Cet écart « entre les sexes » s’est-il réduit au fil du temps pour les publications en médecine d’urgence ? Cette étude observationnelle a eu pour objectif principal de déterminer la proportion d'auteurs féminins ayant signé, de janvier 2013 à septembre 2019, les articles de recherche originaux et les éditoriaux dans 4 revues de médecine d'urgence sélectionnées à partir du Journal of Citation Reports. Les examinateurs ont identifié les genres des auteurs par des recherches sur le Web avec les qualifications académiques correspondantes ou ont utilisé une interface de programmation d'application d'identification du genre pour déterminer la probabilité d'une identité masculine ou féminine. L’objectif secondaire était de préciser le genre des auteurs intermédiaires par rapport aux genres des premiers et derniers auteurs respectifs des articles.

Les revues sélectionnées comprenaient 2 980 articles de recherche originaux avec 18 224 auteurs (médiane 6, intervalle interquartile [IQR] 4 à 8) et 433 éditoriaux avec 986 auteurs (médiane 2, IQR 1 à 2). Les femmes occupaient respectivement 34,9 %, 24,3 % et 36,5 % des positions de premier, dernier et auteur intermédiaire des articles de recherche originaux et 23,8 %, 20,5 % et 34,2 % des positions de premier, dernier et intermédiaire auteur des éditoriaux. Les publications dont les premiers et derniers auteurs étaient des femmes (n = 340 articles) comptaient une plus grande proportion de femmes auteurs intermédiaires (49 %, 634/1 290) que les publications dont les premiers et derniers auteurs étaient des hommes (n = 1667 articles, femmes auteurs intermédiaires 33 % [2 215/6 771]).

Si l’on ne se trompe pas sur le genre…

Au cours des sept années examinées, le nombre de femmes auteurs dans ces revues de médecine d'urgence a augmenté. L'écart entre les sexes est plus prononcé pour les articles rédactionnels que pour les articles de recherche. En outre, il apparaît que le sexe du premier et du dernier auteur influence la composition par sexe de l'ensemble de l'équipe de recherche, car dans les publications où le premier et le dernier auteur sont des femmes, une plus grande proportion des auteurs intermédiaires sont également des femmes.

L'attribution du genre n'était pas basée sur la divulgation des auteurs eux-mêmes, mais sur le genre binaire attribué par l'analyse des profils professionnels ou des prénoms des auteurs. Cette méthode d'analyse n'est pas suffisamment fiable pour pouvoir déterminer l'identité de genre car une personne peut utiliser des pronoms féminins ou masculins sans s'identifier comme homme ou femme. En outre, une personne peut utiliser des pronoms neutres mais s'identifier comme homme ou femme. Sans la déclaration des auteurs eux-mêmes, on ne peut pas être certain de la véritable identité de genre d'un auteur. Enfin, il existe une marge d'erreur dans l'attribution du genre en raison de la nature subjective de l'utilisation des réviseurs et des limites du logiciel d'interface de programmation d'applications qui ne peut pas faire d'évaluations précises des noms qui semblent neutres du point de vue du genre.

NB : L’auteure de cette publication s’appelle Sarah et toutes les autres sont des femmes…


Dr Bernard-Alex Gaüzère

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