Fausse justice

San Salvador, le samedi 17 mars 2018 – De nombreux journalistes s’étaient pressés mardi matin à l’entrée de la prison pour femmes située à l’est de la capitale salvadorienne pour tenter d’approcher Maira Figueroa. Agée de 34 ans, Maira a passé quinze ans derrière les barreaux. Son crime ? A l’âge de dix-neuf ans, enceinte (après avoir été violée), elle a été victime d’une hémorragie. Au Salvador, toute fausse couche est suspectée d’être la conséquence d’un avortement, avortement totalement proscrit. La perte d’un fœtus est ainsi assimilée à un « homicide aggravé », puni de 30 à 50 ans de réclusion. Bien qu’aucune preuve n’ait pu être apportée dans le cas de Maira Figuerora d’une action délibérée ayant provoqué l’hémorragie, les circonstances de la conception de son enfant ont conduit les juges à la plus grande sévérité. Comme elle, d’autres femmes purgent actuellement de longues peines d’emprisonnement, après avoir été victimes de fausse couche. Amnesty International en recense vingt-six. Mais on assiste ces derniers mois à une légère inflexion du système judiciaire salvadorien qui accède désormais plus facilement aux demandes de remise en liberté. Maira Figueroa est en effet la deuxième femme condamnée pour fausse couche ayant pu sortir de prison, après Teodora Vasquez qui avait été enfermée pendant onze ans pour avoir perdu l’enfant qu’elle portait.

M.P.

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