Petit tour du monde de la 3ème dose

Paris, le vendredi 12 novembre 2021 – Il n’y a pas qu’en France que l’administration d’une dose de rappel aux personnes vulnérables est devenu la priorité des autorités sanitaires. Tour d’horizon de la situation à travers le monde.

Israël est bien la Terre Promise de la vaccination anti-Covid. Premier pays à avoir massivement vacciné sa population dès décembre 2020, l’État hébreu est aussi la première nation à avoir été confronté à une baisse de l’immunité humorale spécifique chez les vaccinés et à avoir lancé, dès le mois de juillet, une campagne de vaccination de rappel.. D’abord limité aux personnes âgées de plus de 60 ans, cette troisième dose a ensuite été étendue à l’ensemble de la population de plus de 12 ans à partir de la fin août. Désormais, 43 % des Israéliens ont reçu trois doses de vaccin et cette campagne de vaccination de rappel a semble-t-il permis de réduire de façon importante le nombre de contaminations et de décès.

Plusieurs mois après Israël, l’ensemble des pays développés ayant massivement vacciné leur population se retrouve face à la nécessité d’administrer une troisième dose aux personnes vulnérables voire à l’ensemble de la population. En Europe, certains pays ont pris de l’avance sur d’autres. Ainsi, 19,5 % des Islandais et 16 % des Britanniques ont déjà reçu une dose de rappel, contre seulement 4 % des Italiens et des Espagnols. Avec 5,7 % de sa population triplement vaccinée, la France est actuellement dans la moyenne européenne.

Seule la France conditionne la validité du passe au rappel

Les recommandations divergent également selon les pays. A l’image de la France, la plupart des États européens limitent pour l’instant cette dose de rappel aux personnes vulnérables, soit parce qu’elles ont un certain âge (plus de 70 ans en Espagne, 65 ans en France, 60 ans en Grèce), soit parce qu’elles souffrent de comorbidités. Mais d’autres nations envisagent d’étendre la possibilité de recevoir une dose de rappel à toute la population. C’est déjà le cas en Islande, où tous les habitants de plus de 16 ans peuvent recevoir une troisième dose. Le Danemark a franchi le pas le 15 octobre et l’Italie le fera en janvier 2022. Les gouvernements allemands et grecs disent également réfléchir à la question. Officiellement, la question n’est pas encore à l’ordre du jour en France, mais le seuil d’âge sera abaissé à 50 ans début décembre.

La France conserve cependant une particularité : elle est actuellement le seul pays européen à avoir décidé de conditionner l’accès au passe sanitaire à l’administration d’une dose de rappel. Ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a précisé sur France info les conséquences de l’allocution d’Emmanuel Macron. A compter du 15 décembre, le passe sanitaire sera désactivé pour les personnes de plus de 65 ans qui ont reçu leur deuxième dose « depuis six mois et cinq semaines » (afin de laisser le temps après l’allocution présidentielle aux personnes éligibles de se faire vacciner) et qui n’ont pas fait leur dose de rappel.

Selon nos calculs, 6 millions de personnes seront concernés par cette mesure au 15 décembre et leur nombre ne fera qu’augmenter avec le temps. Parmi eux, 2,7 millions de personnes ont déjà reçu leur troisième dose. L’allocution d’Emmanuel Macron a déjà porté ses fruits puisque les prises de rendez-vous pour une troisième dose ont fortement augmenté. Actuellement, environ 100 000 doses de rappel sont administrées par jour, un rythme suffisant pour vacciner toutes les personnes éligibles au 15 décembre. Les centres de vaccination, qui tournaient au ralenti ces dernières semaines (certains ont même fermé), connaissent à nouveau l’affluence des grands jours.

Quentin Haroche

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