Une belle bourse pour préserver la vie !

Washington, le samedi 30 mars 2013 – Sans être une étude randomisée en double aveugle (le sujet ne s’y prête guère !), Gabriel Fallope, conduisit en 1564 des travaux poussés pour s’assurer de l’efficacité de son « fourreau d’étoffe légère, fait sur mesure, pour protéger des maladies vénériennes ». Il testa en effet son dispositif sur 1 100 hommes ! En réalité, cet ancêtre du préservatif n’avait pas exactement le même usage que son lointain successeur, puisque Gabriel Fallope préconisait de l’arborer après l’acte sexuel ! L’ancêtre moderne de celui que Giacomo Casanova nommait la « redingote anglaise » et dont on retrouve, selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia, des usages documentés 3 000 ans avant J-C chez des soldats égyptiens est peut-être le prototype en caoutchouc conçu en 1880 par la compagnie de pneumatiques encore sous le feu de l’actualité Goodyear Tire & Rubber. Depuis, le caoutchouc a laissé place au latex, mais au cours des dernières décennies, rares ont été les innovations saillantes. Bill Gates, le génie de l’informatique, devenu le génie de la philanthropie le regrette : « Les préservatifs sont utilisés depuis environ 400 ans et pourtant ils ont subi très peu de progrès technologiques au cours des 50 dernières années » écrit-t-il sur le site internet de sa fondation créée en 2000.

Pour le plaisir… et 100 000 euros !

Pourtant, le préservatif aurait bien besoin d’un petit coup de jus pour compter davantage d’aficionados. Pour Bill Gates, la clé réside sans doute dans la quête du plaisir. Même si une enquête conduite par l’équipe de Debby Herbenick (Université d’Indiana Bloomington) publiée au début de l’année dans le Journal of Sexual Medicine affirmait que contrairement aux idées reçues il n’existe pas de différences significatives quant au degré de plaisir ressenti avec ou sans préservatif, Bill Gates est convaincu que l’une des raisons pour lesquelles les hommes boudent la capote est liée à « l’impression que le préservatif diminue » leurs sensations « par rapport aux rapports non protégés. Ceci crée un décalage que beaucoup d’hommes trouvent inacceptable, d’autant plus que la décision de porter ou non un préservatif intervient juste avant le rapport ».

Aussi faut-il inventer le préservatif de demain, celui qui permettra de dépasser toutes les réticences. Jouer sur les matières, les formes, les couleurs, utiliser ou non les nouvelles technologiques : tout est permis ! Et surtout l’inventeur qui aura su relever le défi se recevra une bourse de 100 000 euros, attribuée par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Le jeu en vaut la chandelle.

Léa Crébat

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