Une technique pas vraiment au poil !

Paris, le samedi 23 mars 2013 – L’homme (et la femme) moderne cultive souvent au peigne fin une différence essentielle avec ses ancêtres préhistoriques : l’absence de poils ! Non content d’en être (parait-il) naturellement moins pourvu, il traque le poil jusque parfois dans les parties les plus intimes. C’est ainsi que les épilations intégrales du maillot font des émules chez les femmes, comme chez les hommes. Pourtant, ces derniers mois, une défense (au poil ?) s’est organisée. Au cœur de la torpeur estivale et alors que les poils pubiens sont plus que jamais la hantise des baigneurs et des baigneuses, Emily Gibson, directrice du centre de recherche sur la santé à la Western University (état de Washington) était montée au créneau. « Si les poils pubiens sont là, c’est pour une bonne raison. Ils protègent contre le frottement qui peut causer écorchures et blessures. Ils sont un rempart naturel contre les bactéries » avait-elle ainsi défendu. Surtout, elle avait expliqué que les micro-blessures provoquées par l’épilation, ajoutées à un « environnement moite » était un terrain idéal pour le développement des bactéries.

L’épilation intégrale c’est contagieux !

Aujourd’hui, c’est au tour d’un dermatologue français, le docteur François Desruelles, de démontrer le caractère dangereux de l’épilation intégrale du maillot dans une étude qui vient d’être publiée dans Sexually Transmitted Infections. Ayant recensé entre 2011 et 2012 une trentaine de cas de molluscum contagiosum transmis sexuellement chez ses patients, ce praticien a décidé d’en savoir plus. Sur ces trente sujets (six femmes et vingt-quatre hommes), 93 % s’étaient totalement délestés de leurs poils pubiens. Dans 70 % des cas, ils avaient usé d’un rasoir, 13 % d’une tondeuse et 10 % de la cire. « Il semblerait que le micro-traumatisme lié à l’épilation dans cette zone sensible favorise l’apparition de ce virus » explique le médecin cité par le quotidien Métro. Voilà des résultats qui devraient servir d’arguments supplémentaires pour les défenseurs du poil. Ces derniers ne se comptent pas uniquement chez les médecins mais aussi chez les artistes. Le dessinateur Stéphane Rosse est ainsi l’auteur d’une véritable « ode » du poil. Il voit dans l’épilation intégrale une manifestation supplémentaire de l’obsession contemporaine pour « l’idéal juvénile associé au corps désirable ».

Léa Crébat

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