Comme si vous y étiez !

Paris, le samedi 21 avril 2018 – Si on peut avoir parfois tendance à se focaliser sur les petits et grands travers de la technologie, elle offre néanmoins des perspectives d’amélioration de la qualité de vie de millions de personnes. Les sujets handicapés, malades ou âgés constatent en effet de plus en plus souvent combien les dispositifs modernes peuvent contribuer à rompre leur isolement, en leur permettant de dépasser la barrière d’une mobilité amoindrie voire inexistante.

Simplicité et maniabilité

Et pour ce faire, il n’est pas nécessaire d’être un petit génie du numérique. Les robots BEAM (Biology, Electronics, Aesthetics and Mechanics) conçus aux Etats-Unis par Suitable Technology et distribués en France par la start-up Awabot répondent à un objectif de simplicité, tant sur le plan de la conception que de la manipulation. Pas de programmes embarqués, mais un mécanisme qui suppose un fonctionnement par réflexes. Si un logiciel doit néanmoins inévitablement être téléchargé pour le faire fonctionner, le contrôle à distance repose sur l’utilisation des touches directionnelles de son clavier d’ordinateur (ou du joystick d’un fauteuil électrique branché sur un ordinateur). Côté robot, l’écran monté sur des roulettes à environ 1m30 du sol, est doté de deux caméras : « une vue de face et une vue de la base du robot qui permettent de manœuvrer en évitant les obstacles présents au sol. Sur cette deuxième vue on peut observer un tracé "prévisionnel" de la position du robot en fonction des contrôles utilisés » explique la firme Awabot. L’écran affiche les images captées par la webcam de l’utilisateur, ce qui permet aux personnes en présence du robot d’échanger avec celui qui le manipule, grâce à quatre microphones et un haut–parleur puissant. La grande différence avec un programme classique de visio-conférence est la possibilité offerte par BEAM de se déplacer, ce qui offre une sensation d’immersion bien plus conviviale.

Humaniser

D’abord réservé à des usages professionnels et sollicité notamment par des salariés handicapés qui ont pu augmenter leur capacité d’action grâce à ces dispositifs, BEAM fait désormais son entrée dans les hôpitaux et les lycées au service des enfants malades et handicapés. Ainsi, l’Association philantropique des parents d’enfants atteints de leucémie ou autres cancers (APPEL) soutenue par les laboratoires Bristol-Myers Squibb a lancé le projet Vik-e. Au sein de l’Institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique (IHOPE) de Lyon, les enfants et adolescents hospitalisés dans des unités stériles peuvent ainsi grâce aux robots BEAM demeurer présents dans leur environnement familial et scolaire. Tous apprécient cette initiative. Du côté des parents, qui peuvent après les visites retrouver le contact avec leur enfant, on se réjouit : « Avant j’angoissais à l’idée de la quitter. Maintenant, on s’appelle avec le robot quand j’arrive à la maison. Elle peut discuter tous les soirs avec son frère et dîner en même temps que nous, ce qui nous donne l’impression de manger tous ensemble » explique, citée par le Figaro, la mère d’une adolescente de 12 ans hospitalisée dans cette unité. De même, les enfants peuvent assister aux cours dispensés dans leur école, collège ou lycée et continuer à bavarder avec leurs camarades. Le lien ainsi créé est souvent salutaire. « On pourrait penser que le robot déshumanise mais c’est tout le contraire avec celui-ci : il attire l’attention sur des jeunes parfois isolés », remarque Sandrine Chaix conseillère spécialiste du handicap pour la région Auvergne-Rhône-Alpes qui depuis quatre ans a déployé plusieurs de ces robots dans des lycées pour faciliter la scolarisation d’élèves à la mobilité réduite.

Dans tous les secteurs où BEAM a fait son entrée, il semble ainsi avoir séduit pour sa facilité d’utilisation et les bénéfices qu’il apporte, ce qui incite ses développeurs à imaginer d’autres fonctionnalités.

Aurélie Haroche

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